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Candidature d’avant-garde au Mondial 1986
«Après avoir organisé la rencontre Canada - Paris St-Germain (1977) à la satisfaction de la Régie des installations olympiques qui l’emploie comme consultant, Georges Schwartz est invité à soumettre un projet d’événement international prestigieux. Ayant vérifié auprès du secrétaire de la FIFA que, malgré l’opinion courante, aucun statut ne réserve l’organisation d’une Coupe du monde à l’Europe et l’Amérique du Sud, il propose alors à la RIO d’entreprendre une candidature canadienne.
Soumis en novembre 1977, le document comprend un bref historique, un rapport organisationnel et financier de la Coupe du monde 1974, les justifications, les conditions à remplir et les possibilités de réussite, y compris l’annonce prophétique du désistement d’un pays déjà choisi et incapable d’organiser son Mondial (la Colombie se retirera en 1982). Il souligne aussi l’attrait d’une douzaine de matchs, dont la finale, réservés au Stade olympique. Le projet est accepté en décembre 1977 par la RIO, qui en assure le financement et la respectabilité. Défiant les traditions continentales restreintes du football, la première candidature nord-américaine est en marche!
LA SITUATION
Suite au déficit des Jeux olympiques de 1976, les projets grandioses n’ont plus la cote au Canada. N’ayant jamais bénéficié d’une couverture sérieuse à la télévision canadienne, la Coupe du monde est ignorée de la majorité des décideurs comme du grand public. Les obstacles à franchir sur la scène nationale paraissent encore plus considérables que ceux prévisibles sur la scène internationale du football, où le Canada n’a pas d’histoire. Et aussi faut-il avoir l’accord de l’Association canadienne de soccer qui, seule, peut présenter la candidature du Canada à la FIFA.
Quoique son soutien ait été tiède - elle n’investira pas un cent dans la démarche - l’ACS donne son aval au projet et remplit les formalités nécessaires en vue de la présentation de la Coupe du monde 1990. Elle concède à Schwartz le rôle de troisième délégué de l’ACS aux Congrès de la FIFA et de la CONCACAF, pour lui permettre d’approcher officiellement tous les personnages importants qu’il faudra essayer de convaincre.
LOBBYING ÉLÉMENTAIRE
Au Congrès de la FIFA à Buenos Aires, précédant la Coupe du monde 1978, Schwartz dépose chez les membres du Comité exécutif de la FIFA et tous les congressistes le premier document qui présente et justifie la candidature canadienne. Le Canada y est présenté dans trois langues (français, anglais et espagnol) comme «la porte de l’Amérique». Deux lettres d’appui l’accompagnent, l’une du Premier ministre canadien Pierre E. Trudeau, l’autre du maire de Montréal Jean Drapeau. Cette distribution est suivie de contacts personnels facilités par l’appartenance récente du délégué canadien au Comité amateur de la FIFA (1973-1976) et par l’usage d’une quatrième langue (hongrois).
Premières impressions. Si la réception est courtoise, deux écueils apparaissent immédiatement : 1) rares sont les congressistes présents sachant que les statuts de la FIFA ne limitent pas l’organisation d’un Mondial à l’Europe et à l’Amérique Latine, 2) rares aussi sont ceux intéressés par la conquête de l’Amérique du Nord. Il faudra d’abord faire leur éducation avant d’espérer les convertir… ce qui est entrepris dès 1978 au Congrès de la CONCACAF au Honduras.
Tout comme au Canada, où il faut expliquer à chaque décideur que, non, Montréal ne pourra être l’unique site du Mondial, que les 24 équipes participantes ne logeront pas toutes ensemble au Village olympique et que les 52 matchs ne se joueront pas non plus en 30 jours au seul Stade olympique.»
Histoire du soccer québécois, pp. 14-15.
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