FOOTAISES EXTRA

Par Marc Tougas
Un parallèle à faire entre Beckham et Bernier?
Montréal, le 11 mai 2012
C’est en pensant à Patrice Bernier que j’ai posé ma question à David Beckham, vendredi après-midi, pendant le point de presse du Galaxy de Los Angeles tenu au Stade olympique à la veille du match contre l’Impact. Peu après que Varda eut fait autographier une paire de bobettes tirée de sa sacoche et qu’un confrère eut demandé comment Becks se sentait dans une ville de hockey comme Montréal ‑ «La ville de hockey, en ce moment, c’est la nôtre», a alors suavement répondu Becks ‑, j’ai demandé au milieu anglais si, compte tenu des différences qu’il y a entre l’Europe et la MLS en matière de style de jeu, un joueur européen a besoin d’une période d’adaptation lorsqu’il vient jouer en Amérique du Nord.
J’ai alors implicitement fait appel à l’expérience personnelle de Beckham à ce titre, quand il s’était initialement amené dans la MLS. Mais j’espérais pouvoir dresser des parallèles avec ce qu’ont vécu Matteo Ferrari et Bernardo Corradi avec l’Impact, mais aussi Felipe. Et, oui, Bernier également, étant donné qu’il évoluait en Europe depuis près de 10 ans et avait nécessairement développé des habitudes de jeu propres au Vieux Continent.
J’espérais ainsi répondre à la théorie de certains, voulant que si Bernier ne joue pas aussi souvent que souhaité jusqu’ici avec l’Impact, c’est parce qu’il a une approche plus européenne, en ce sens qu’il a plus tendance à doser ses efforts, à varier le rythme du jeu afin de créer l’effet de surprise, au lieu de simplement aller à fond de train tout le temps et de foncer nord-sud comme on aime le faire en MLS – ou, du moins, comme Jesse Marsch aime le faire dans le contexte de la MLS. Le sous-entendu d’une telle théorie étant : laissez-lui le temps de s’adapter à son nouvel environnement, et Bernier va finir par jouer.
Sauf que Becks m’a répondu, vendredi, que la seule véritable adaptation qu’un joueur a à faire quand il vient de ce côté-ci de l’Atlantique, c’est de s’habituer aux longs voyages. Sur le terrain, il n’y a pratiquement aucune transition à faire, a-t-il laissé entendre. Il a toutefois pris soin de noter que l’acclimatation a été d’autant plus facile pour lui, à Los Angeles, que le Galaxy comptait déjà plusieurs joueurs d’excellent niveau. Lire entre les lignes : «J’ai pas eu à me casser la tête pour savoir si les autres seraient capables de me suivre ou non, ou encore de bien répondre à ma façon de jouer.»
Sont-ce là des impressions qui ne s’appliquent qu’à l’expérience personnelle de Beckham, ou peut-on extrapoler et les transposer aux autres joueurs européens qui viennent en MLS, par exemple ceux qui se sont joints à l’Impact en général, et Bernier en particulier? Personnellement, je suis indécis. Après tout, dans un cas comme Beckham, sans doute qu’un coach a tendance à le laisser tranquille, à ne pas chercher à le changer, peut-on présumer. Un joueur comme Bernier n’ayant pas le même statut. Quoiqu’à titre de Québécois, au sein d’une équipe comme l’Impact, c’est là un aspect qu’on pourrait débattre.
En tout cas. Il s’agit ici d’un parallèle aux ramifications innombrables. À vous de juger s’il y a des liens à faire ou non.
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L'Impact et l'effet David Beckham
Montréal, le 11 mai 2012
On me reprochait de soulever des choses graves, mercredi, quand j’ai fait remarquer sur Twitter qu’avec 55 000 billets vendus pour le match de samedi entre le Galaxy et l’Impact, «j’espérais» que Joey Saputo ait tâté le terrain du côté du club de LA, ou du moins auprès de Don Garber, commissaire de la MLS, pour «s’assurer» que David Beckham allait jouer.
Car après tout, il faut se rendre à l’évidence. Il n’y avait que 13 000 spectateurs, la semaine dernière au Stade olympique, pour regarder le match du championnat canadien Amway entre l’Impact et le Toronto FC. Ça veut dire donc dire que la ‘gang’ d’irréductibles du club montréalais, qui vivent au rythme de chaque victoire et défaite de l’IMFC et aussi chaque décision de Jesse Marsch, eh bien, ils seront à peu près 15 000, samedi.
Donc parmi les 40 000 spectateurs supplémentaires qui seront là, sans doute qu’une bonne proportion seront venus parce que le Galaxy, à titre d’équipe championne de la MLS, représente une équipe attrayante. Mais le fait demeure que la majorité sera là pour zieuter de visu le phénomène Becks.
Dans ce contexte, pour favoriser les chances que ces clients d’un soir reviennent voir un autre match plus tard cette saison, vaut mieux pour l’Impact de «s’assurer» que Beckham soit là. Tâter le terrain au sens figuré. Surtout qu’il a l’habitude de sauter des matchs sur synthétique.
L’Impact n’en est qu’à ses débuts en MLS. Le club tente de solidifier son emprise sur le marché montréalais, et d’implanter le soccer à titre de sport majeur sur la scène sportive québécoise. Pour cela, il ne doit donc pas prendre à rebrousse-poil la nouvelle clientèle qui daigne lui porter attention pour la première fois. La nouvelle clientèle qui sera là, samedi, pour zieuter Becks.
Mais si Becks n’est pas là, samedi, cette clientèle-là va se sentir flouée. À tort, parce qu’effectivement il n’y a jamais de garantie que tel ou tel joueur va être dans la formation (en passant, salut Patrice). Mais dans le monde des affaires, le client a toujours raison, même quand il a tort. Donc, c’est dans l’intérêt de tout le monde que Beckham joue samedi. Parce que Beckham n’est pas seulement là pour l’aspect sportif, il est là aussi pour le marketing de la MLS. Et côté marketing, c’est évident que l’Impact aimerait revoir les 60 000 personnes qui vont assister au match de samedi. Le club ne veut pas en perdre la moitié à jamais parce que ceux-ci estiment qu’ils n’ont pas eu droit au produit-spectacle auquel ils croyaient avoir droit.
Donc, quand j’ai soulevé ce phénomène, mercredi, on m’a accusé de soulever des choses graves. On a laissé entendre que je souillais la pureté du sport.
Sauf que… S’il y a une conférence de presse tout à fait officielle avec Beckham, vendredi après-midi au Stade olympique, il faut en conclure que l'Impact et le Galaxy ont discuté et ont abordé le sujet de Beckham, non? Et j'imagine que si Beckham participe à la conférence de presse, c'est parce qu'il va jouer, ou du moins il va expliquer très poliment et avec bien des courbettes pourquoi il ne va pas jouer? C'est donc dire que IMFC et le Galaxy ont sans doute discuté, d'une manière ou d'une autre, de la participation (ou non) de Beckham au match de samedi?
Tout ça pour dire que tous ceux, mercredi, qui se sont indignés et m’ont lancé que c'est l'aspect sportif qui prime, eh bien, je leur dis d’arrêter de réagir en vieille nonne défroquée. Ce sont là des voeux pieux. Il s’agit ici de sport professionnel, après tout. En bout de ligne, ce n’est pas l’aspect sportif qui compte. Au-delà de ça, il y a les recettes aux guichets. Les revenus tout court, en fait.
Pensez-vous vraiment que Garber a accueilli l’Impact à bras ouverts dans sa ligue parce qu’il a remporté trois championnats au cours de son histoire? Moi, je pense que c’est plutôt attribuable, primo, à la présence de la famille Saputo et, deuxio, au fait que le club attirait bon an mal an des foules 12 000 en dépit du fait qu’il évoluait dans une ligue au niveau de jeu pourri.
C’est dommage, mais c’est la bête réalité. Ce qui ne nous empêche pas de souhaiter que l’Impact plante carrément le Galaxy, samedi. Genre, 4-1 avec un filet de Beckham sur coup franc. Et que les amateurs de foot qui étaient venus voir Becks repartent du Stade en parlant plutôt… du débat Bernier-Warner!
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ACS: Victor Montagliani prend le flambeau
Saint-Léonard, le 7 mai 2012
Élu nouveau président de l’Association canadienne de soccer samedi à Ottawa, Victor Montagliani a profité du fait qu’il ne retournait chez lui en Colombie-Britannique que lundi pour faire un voyage-éclair dans la région montréalaise, dimanche. Accompagné de Dino Madonis, ancien président de la Fédération de soccer du Québec, il a assisté à deux matchs de la Première ligue de soccer du Québec, à Saint-Léonard puis Brossard.
À Saint-Léonard, il a serré des mains, discuté plusieurs minutes avec Francis Millien, président du comité organisateur montréalais en vue de la Coupe du monde féminine de 2015 qui aspire à accueillir la grande finale de ce tournoi, et accordé une entrevue à votre serviteur. Et ce, en grande primeur québécoise, deux jours avant qu’il ne s’adresse pour la première fois aux médias nationaux canadiens en conférence téléphonique, mardi.
Cette entrevue de 20 minutes sera présentée dans son intégralité dans le numéro de juin du magazine Québec Soccer. Pour l’instant, il suffit de dire que Montagliani a eu de bons mots pour les deux autres candidats, affirmant notamment que le président sortant, le Québécois Dominique Maestracci, avait fait «de l’excellent travail pendant les quatre années et demie de son mandant, alors que l’ACS était dans le pire état de son histoire».
De Rob Newman, le candidat identifié de près à la réforme de la gouvernance, Montagliani a dit qu’il était un homme intelligent qui avait fait du bon travail à l’ACS lui aussi.
Montagliani a dit croire que son approche, à l’effet que toutes les sphères d’activités à l’ACS – administration, finances, etc. – doivent être réalisées en songeant aux bénéfices que cela pourra apporter sur le terrain, est celle qui a attiré la sympathie des électeurs.
Bien des observateurs, même dans le Canada anglais, ont reconnu que Maestracci a fait avancer la cause de l’ACS. Alors que celle-ci se retrouvait dans une piètre situation, Maestracci lui a permis de reprendre son souffle et de relever la tête. Ce sera à Montagliani qu’on confiera la tâche de mettre l’Association sur pieds, maintenant.
À 46 ans, Montagliani représente le renouveau et la jeunesse, et il reconnaît qu’on a peut-être voté pour lui parce qu’on estimait qu’il avait désormais fait ses classes – il était l’un des vice-présidents de l’ACS jusqu’ici, avec Newman – et qu’il était prêt à prendre la flambeau que Maestracci avait réussi à rallumer.
En coulisses, quelques-uns étaient d’avis que dans le reste du Canada, on avait assez vu le Québec à la tête de l’ACS. Il est donc permis de conclure que même si Maestracci avait multiplié les réalisations, on lui aurait quand même montré la porte de sortie. Tout simplement parce que c’était «écrit dans le ciel», si on peut utiliser cet euphémisme, que ça allait être au tour de Montagliani de prendre les rênes.
On verra, dans quatre ans, si cela s’avère une bonne chose ou pas.
Pour le reste, ne ratez pas l’édition de juin de Québec Soccer. Au fait, saviez-vous que le magazine est maintenant distribué gratuitement?
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PLSQ: La ligue du vieux poêle à Saint-Léonard
Saint-Léonard, le 6 mai 2012
Sandro Grande a cherché son souffle en quelques occasions, et le vétéran milieu de terrain avait de la glace bandée à la cuisse gauche à sa sortie du terrain, dimanche au stade Hébert, peu après la victoire de 2-1 du FC St-Léonard face à l’AS Blainville. En revanche, un autre membre de la sympathique ligue du vieux poêle du club de l’arrondissement montréalais, le toujours fringant Rocco Placentino, a enfilé le but vainqueur en deuxième demie.
La direction du FC St-Léonard, qui a décidé de miser sur plusieurs anciens joueurs de l’Impact, a donc vu son pari lui rapporter dès son premier match en PLSQ. L’équipe qui alignait aussi Simon Gatti comme défenseur a défait, en Blainville, une équipe bien organisée qui avait remporté son premier match deux semaines plus tôt.
Malgré la victoire, l’entraîneur Andrea DiPientrantonio était plus au moins satisfait de cette première sortie des siens, laissant deviner qu’il aurait voulu mieux. Et laissant entendre aussi qu’il s’attendait à ce que la partie ne soit pas facile, cette saison, contre les quatre autres formations du circuit professionnel de division 3, puisque ceux-ci alignent pas mal de jeunes jambes.
«On se retrouve face à des équipes qui s’entraînent souvent trois ou quatre fois par semaine, tandis que nous, c’est deux fois par semaine, a fait remarquer l’ancien entraîneur adjoint chez l’Impact. Notre club a décidé de miser sur des vétérans afin d’attirer l’attention des gens, et peut-être qu’on n’en aura plus besoin dans trois ans parce que le produit parlera de lui-même, mais en attendant des joueurs comme Sandro et Simon sont de véritables professionnels. Tant qu’à jouer, aussi bien qu’ils jouent à un haut niveau. Et nos jeunes en profitent pour se faire coacher un peu par eux.
«Et Rocco, lui, il est toujours le même. Il joue avec l’enthousiasme d’un enfant. Et c’est un clown dans le vestiaire, alors il a une influence positive lui aussi.»
Nevio Pizzolitto aurait aimé se joindre à la bande. Le plus récent retraité de l’Impact a toutefois les mains pleines avec son nouveau travail au sein de l’entreprise de son père et du poste qu’il a accepté au sein du personnel technique au club de Monteuil à Laval.
«Il serait venu jouer si ce n’était pas du poste à Monteuil», a souligné DiPietrantonio.
Celui-ci estime que la PLSQ est une excellente initiative mais il aimerait, à court terme, que les arbitres affectés aux matchs fassent du meilleur travail pour «protéger» les joueurs vedettes du circuit. Comme Grande et Placentino à St-Léonard, mais aussi Antonio Ribeiro à L’Assomption.
«La ligue mise pour l’instant sur ces gros noms pour se faire une bonne réputation, alors ce serait souhaitable qu’on leur permette de s’exprimer», a-t-il souhaité.
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ACS: Des élections pas comme les autres - 1ère partie
Montréal, le 2 mai
Les élections pour déterminer la composition du prochain conseil d’administration de l’Association canadienne de soccer, qui auront lieu samedi, ne sont pas comme les autres. C’est d’ailleurs déjà plus qu’évident et je vous en reparlerai à plusieurs niveaux au cours de la présente semaine sur quebecsoccer.com.
Mais pour l’instant, commençons par la base, pour expliquer que ces élections seront très différentes en ce sens qu’elles seront la première mettant en application la réforme de la gouvernance de l’ACS. Finis, les jours où les présidents de chaque association provinciale ou de territoire se retrouvaient automatiquement autour de la table au CA.
Le CA aura une toute nouvelle allure, pour différentes raisons. Des raisons fort complexes. Chaque fois qu’on tente de m’expliquer les tenants et aboutissants de ces changements, ça devient vite tellement aride et compliqué que je deviens dyslexique.
Suffit quand même, pour les simples civils non-votants que nous sommes, de savoir qu’il y aura encore un président. Il y aura trois candidats : Dominique Maestracci, le Québécois d’origine corse qui termine un premier mandat comme président de l’ACS, ainsi que les vice-présidents actuels Victor Montagliani et Rob Newman.
Pour cette élection, il y aura trois postes au sein du CA qui iront à des présidents d’association provinciale et Martial Prud’Homme, président de la Fédération québécoise, a postulé. Il faut cependant savoir que d’ici quatre ans, on se retrouvera avec zéro président de province au CA, puisque la proportion sera réduite d’année en année, passant de trois postes à deux postes, puis à un poste, puis aucun.
Outre le vote, l’attribution des trois postes de présidents de province dépendent aussi des résultats du scrutin des autres postes, puisque les statuts prévoient qu’un certain nombre soit attribué à différentes catégories de gens, comme par exemple des femmes. C’est ici que ça devient compliqué, alors je m’arrête là.
L’ensemble des présidents des provinces se retrouveront dans un forum consultatif, que la direction de l’ACS réunira au moins deux fois par année pour permettre à ceux-ci de faire entendre leurs voix, et ainsi faire connaître leurs besoins et leurs doléances. Mais il ne s’agira pas d’une entité décisionnelle.
L’idée derrière cette transformation étant qu’en ayant un CA composé quasi exclusivement de présidents de provinces, ça donnait lieu à un «conflit d’allégeances». Le CE se retrouvait les mains liées par des dirigeants du CA qui étaient déchirés entre ce qui est bon pour leur province à eux et ce qui serait mieux pour le soccer dans son ensemble au pays. Mais ce qui fait l’affaire des provinces ne fait pas toujours l’affaire de l’ACS et des équipes nationales.
À noter que l’Ontario et le Québec ont droit à 234 votes chacun, soit 25 pour cent chacun des 936 votes qui seront exprimés au total. Ces deux provinces contrôlent donc 468 votes en tout et partout, alors qu’il suffit de 469 pour obtenir une majorité.
Les quatre clubs professionnels – Impact, Whitecaps, TFC et FC Edmonton – ont un vote chacun. Ils ont déjà annoncé, dans un communiqué conjoint, avoir donné leur appui à Newman.
L’Association ontarienne de soccer a quant à elle déjà reçu les trois candidats jeudi et déjà voté, le résultat du scrutin étant sous scellé jusqu’à samedi.
On revient là-dessus, ainsi que sur les caractéristiques de chacun des trois candidats, dans les parties 2 et 3 de cette série, ici-bas.
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ACS: Des élections pas comme les autres - 2e partie
Montréal, le 3 mai 2012
Les élections pour le poste de président de l’Association canadienne de soccer, qui auront lieu samedi, me font penser à l’histoire de Boucle d’Or. Un candidat est trop ci, l’autre est trop ça, et finalement il y en a un troisième qui est juste correct.
C’est le cas du point de vue du Québec, du moins. Car en discutant avec des sources québécoises ces derniers jours – que voulez-vous, on a plus de contacts dans une solitude que dans l’autre – il devient vite évident que le président sortant, le Québécois d’origine corse Dominique Maestracci, s’avère le candidat du bon sens. Car il regroupe les caractéristiques des deux autres candidats, soit Victor Montagliani et Rob Newman. Il s’agit là des deux vice-présidents actuels de l’ACS.
Newman est identifié comme le candidat de la réforme. Pas étonnant, il a piloté le comité responsable de mettre en place le nouveau mode de gouvernance (voir «Des élections pas comme les autres, 1ère partie, ci-haut). Sauf que c’est Maestracci qui lui a donné ce mandat. Et qui a aussi participé à la mise en place des réformes.
«Des gens disent que je suis contre lui. Ce n’est pas vrai, m’a expliqué Maestracci cette semaine. Le Québec était contre, parce qu’on voulait que les présidents des provinces restent à la table du Conseil d’administration. Mais j’ai participé aux réunions (sur la gouvernance) et j’ai travaillé avec eux tout au long du processus.
«Il est vrai que j’ai imposé une solution de transition en ce qui concerne l’abolition des postes attribués aux présidents des fédérations provinciales au sein du CA. On voulait tous les abolir dès maintenant, mais j’ai demandé à ce qu’on en ait d’abord trois, comme cette année, et qu’on élimine un poste par année ces prochaines années pour arriver à zéro dans quatre ans. Mais je n’étais pas contre du tout.»
Quant à Montagliani, il est identifié comme étant l’homme de terrain, comme celui qui permettrait le mieux le développement du secteur technique. Sauf que certains lui reprochent de ne pas être le plus rapide pour transformer ses promesses et ses paroles en gestes concrets. C’est ainsi que le dossier de la création d’un poste de directeur technique – pas un poste de pacotille, mais celui d’un d.t. ayant les pleins pouvoirs – traîne depuis deux ans. Il faut dire qu’il y a certaines résistances de la part de quelques dirigeants qui ne veulent pas céder trop de pouvoirs aux employés de la permanence à l’ACS, mais toujours est-il que c’est Maestracci qui a vu à faire avancer le dossier.
«Il va y avoir un directeur technique en place d’ici septembre», a-t-il promis.
Maestracci, qui a une longue expérience de la gestion de par ses activités au département de la médecine à l’Université de Montréal, a par ailleurs mis de l’ordre et de la rigueur dans le fonctionnement administratif de l’ACS pendant son premier mandat. Il a aussi été au centre de la mise en place d’un plan d’action, qui a notamment mis de l’ordre dans les objectifs de développement à long terme des joueurs, des entraîneurs et des arbitres, et il espère avoir l’occasion d’en mettre un autre en place lors d’un autre mandat, qui favoriserait alors la mise sur pied de ligues semi-professionnelles canadiennes tant pour les hommes que pour les femmes. Il a par ailleurs créé le poste de secrétaire général afin de s’aligner avec la structure administrative qu’on retrouve à la FIFA.
«Maintenant, le CA ne donne que les lignes directrices concernant les dossiers à faire avancer. On laisse la permanence travailler, a expliqué Maestracci. On a fait des changements même si ce n’est pas facile, parce qu’il y a toujours un peu de résistance au changement.
«Et maintenant, 80 pour cent du budget va directement sur le terrain. Seulement 20 pour cent va au marketing et à l’administration. La contribution financière des provinces est passée sous la barre des 40 pour cent.
«Aussi, nos revenus en matière de marketing, qui étaient de 12 millions $ à mon arrivée, sont passés à 20 millions $ cette année. On se rapproche de l’objectif de 25 millions $.»
Plusieurs reprochent par ailleurs à Maestracci de ne pas être un homme de soccer et pourtant, il a été joueur, entraîneur, arbitre et dirigeant. Il a été entraîneur national, ainsi qu’évaluateur et instructeur d’arbitres de niveau FIFA. Il a été l’une des figures de proue de la création de l’ARS Estrie il y a une quarantaine d’années, l’une des régions les plus dynamiques au Québec à cette époque. Il a été haut dirigeant à la FSQ et a aussi été organisateur pour des événements internationaux comme les JO de 1976, la Coupe du monde U-16 de 1987, la Coupe du 350e anniversaire de Montréal, et chef de délégation de ville pour la FIFA.
Maestracci a aussi veillé à améliorer les relations à l’échelle internationale entre l’ACS et les différents organismes avec lesquels notre association doit frayer régulièrement. C’est ainsi que Sepp Blatter assistera au gala du 100e anniversaire de l’ACS, samedi, tout comme le nouveau président de la CONCACAF, ainsi que les présidents des fédérations nationales des États-Unis et du Mexique.
«Nos relations avec ces organismes n’ont jamais été aussi bonnes», a noté Maestracci.
Ce sont ces bonnes relations, avec la FIFA notamment, qui ont permis la venue des Coupes du monde féminines de 2014 et 2015 au Canada.
Maestracci a aussi tissé des liens avec les anciens joueurs des sélections nationales, qui avaient pris l’habitude d’être les plus durs critiques envers l’ACS. Il a tissé des liens avec Sport Canada.
Et pourtant, le gala du 100e, devant Blatter et les autres présidents invités de l’étranger, pourrait être présidé par un autre que Maestracci, samedi soir. Car les élections auront lieu plus tôt dans la journée. Et déjà, les tractations semblent se multiplier dans le cadre du processus électoral. Je vous en reparle demain, dans la 3e partie de cette série d’articles.
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ACS: Des élections pas comme les autres - 3e partie
Montréal, le 4 mai 2012
Comme je l’écrivais dans la 2e partie de cette série d’articles sur les élections de l’Association canadienne (voir ci-dessus), qui auront lieu samedi, il se passe des choses en apparence bizarres en ce qui concerne le processus électoral.
C’est ainsi que l’Association de soccer de l’Ontario, qui possède 25 pour cent des votes (voir la 1ère partie de cette série, plus bas sous l’article concernant Otmane Ibrir), a fait venir les trois candidats (le président actuel Dominique Maestracci ainsi que les deux autres candidats, les vice-présidents Rob Newman et Victor Montagliani) afin que chacun présente sa position dans un cadre très rigide. Chacun a eu droit à une présentation de 15 minutes, à une période de questions et à cinq minutes pour leurs arguments de clôture.
Sauf qu’à la surprise de plusieurs, dont le Québécois Maestracci, l’OSA a procédé au vote dès le lendemain et scellé les résultats jusqu’à samedi. Les candidats n’ont donc pas été en mesure de communiquer davantage avec les membres de la fédération ontarienne, et de pouvoir leur communiquer des choses qui se transmettent mal dans un cadre formel, mais qui auraient été pertinentes dans un contexte plus privé.
Difficile de savoir si on a procédé ainsi dans un souci d’intégrité, pour éviter d’exposer les voteurs à des manigances louches… ou si, au contraire, on a vite demandé le vote afin de s’assurer d’obtenir un résultat en faveur d’un candidat que la haute direction de l’OSA souhaite voir gagner. Il est permis de douter puisque par le passé, cet organisme a souvent manœuvré comme s’il désirait asseoir ses pouvoirs au détriment de ceux de l’ACS.
Entre-temps, les quatre clubs professionnels du Canada, même s’ils ne représentent que quatre votes sur les 936 possibles, ont fait connaître haut et fort que Newman était leur homme. Ce qui est un peu surprenant compte tenu qu’en théorie, leur homme devrait être l’homme du technique, donc Montagliani.
Certains voient un lien de cause à effet entre le fait que John Furlong, l’ancien président du comité organisateur des Jeux olympiques de Vancouver qui est devenu président exécutif des Whitecaps de Vancouver, a déjà travaillé étroitement avec l’oncle de Newman. D’autres estiment plutôt que les clubs aiment Newman parce que celui-ci n’insistera pas sur l’augmentation du quota de Canadiens que devront respecter les clubs canadiens de la MLS au cours des prochaines années. Et peut-être que le premier argument a un lien avec le deuxième, aussi.
Pendant ce temps, Maestracci voudrait que le quota de Canadiens augmente à cinq ou six à moyen terme, et au sein du onze partant qui plus est, pas seulement au sein de la formation dans son ensemble. Actuellement, trois des 30 joueurs de l’équipe officielle doivent être des Canadiens.
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Otmane Ibrir, père du DEP
Montréal, le 1er mai 2012
Otmane Ibrir fait l’objet de ma chronique Footaises dans le numéro de mai de Québec Soccer, actuellement en kiosque. Il y parle de la réforme des clubs, qu’il a aidé à lancer quand il était directeur technique à la FSQ, et des frustrations qui ont ensuite mené à son départ du Québec. Il raconte aussi son aventure en Algérie, où il a aidé l’équipe nationale U-17 à se qualifier pour la Coupe du monde pour la première fois de son histoire. Et il explique pourquoi il est rentré au bercail, en revenant occuper son poste d’entraîneur-cadre à l’ARS Richelieu-Yamaska, par la suite. À travers tout cela, il donne sa vision – fort critique – à propos du travail qu’il reste à faire pour compléter cette réforme. Selon lui, il y a encore beaucoup, beaucoup de problèmes à régler, et bien des obstacles à surmonter. À lire dans l’édition magazine présentement disponible gratuitement un peu partout au Québec (voir la rubrique «Où trouver Québec Soccer» ailleurs sur ce site).
Comme promis dans le magazine, voici d’autres passages de l’entretien qu’Ibrir nous a accordé. Il explique notamment comment il en est venu à concevoir le diplôme d’entraîneur provincial (DEP), et favorisé l’intégration d’anciens joueurs professionnels dans le monde du coaching.
QUÉBEC SOCCER : Otmane Ibrir, explique-moi comment tu en es venu, quand tu étais entraîneur national puis directeur technique de la FSQ, à mettre sur pied le DEP?
OTMANE IBRIR : J’ai toujours dit que ce n’est pas normal que monsieur tout le monde puisse prendre en mains une équipe AAA. On ne peut pas avancer comme ça si monsieur tout le monde, c’est-à-dire un entraîneur qui n’a jamais passé une évaluation, puisse entraîner le plus haut niveau de joueur ici au Québec. Ça sautait aux yeux pour moi. Il fallait qu’il soit évalué et qu’on reconnaisse sa compétence pour qu’il puisse entraîner les meilleurs athlètes. C’était une aberration pour moi.
C’est mon séjour de quatre ans comme entraîneur national qui a mené à ça. J’ai fait deux ans comme entraîneur national au CNHP, et deux autres sans attache au CNHP, comme (le sélectionneur canadien à l’époque) Holger Osieck avait décidé de procéder. J’étais donc devenu seulement entraîneur national, je n’avais plus les athlètes du CNHP. Je faisais un camp pendant un mois, puis j’étais à la maison pendant un mois.
Et le grand avantage d’un entraîneur national, c’est qu’il a le temps qu’un entraîneur cadre n’a pas du tout. L’entraîneur cadre a 40 dossiers à gérer tous les jours. J’avais du temps, donc avec ce temps-là, au lieu de me tourner les pouces, j’ai beaucoup fait de recherche, j’ai beaucoup lu. J’ai monté de la vidéo, j’ai réfléchi sur beaucoup de choses.
Et quand j’ai pris la direction technique de la FSQ j’ai dit qu’il y a deux choses qu’il fallait régler : pas question que n’importe qui entraîne en Ligue élite, il faut qu’on fasse un cours et ce cours-là, je l’avais entre les mains. C’était mon expérience avec les U-17, où j’avais pensé à des principes de jeu, à un montage vidéo, à un type de préparation mentale. Alors j’ai dit le cours est quasiment prêt, il s’agissait de partager mes quatre années où j’ai réfléchi sur le soccer sur les plans tactique, technique, mental et physique.
Ça tombait bien, j’avais le matériel. Il fallait juste le réorganiser. Et l’idée, je voulais la mettre en place. D’où la création du DEP.
QS : Et tu as trouvé un moyen de favoriser l’implication des anciens joueurs professionnels québécois?
OI : Le premier cours que j’ai donné en DEP, et ça c’était une autre vision de mon plan d’action, il s’agissait d’intéresser les anciens joueurs pros. Le premier cours DEP a été donné aux joueurs pros. Mes premiers cobayes, pour voir un peu comment ça se passait, je l’ai fait avec Nick De Santis, Mauro Biello, Jocelyn Roy, il y avait je pense Patrick Leduc, plein de joueurs… Rudy Doliscat, Pierre-Richard Thomas, tous les joueurs qui étaient passés par les rangs professionnels auparavant.
J’ai décidé de donner ce cours sans évaluation, alors que le DEP leur était simplement donné. Je ne le ai pas évalués parce qu’ils avaient, à travers l’ACS, le droit de passer directement à la licence B. Ils n’avaient pas à passer par le DEP. Je leur ai dit : ‘vous n’avez pas à passer par le DEP, alors je ne vais pas faire l’évaluation, mais ce serait bien que vous preniez le cours’.
Cet avant-projet, je l’ai fait avec les joueurs pros et ça s’est très bien passé. Et après, on a commencé à le donner dans les régions.
QS : Quelqu’un comme Patrick Leduc a poursuivi son cheminement d’entraîneur en cherchant à obtenir des licences supérieures, mais pas d’autres, comme Nick De Santis par exemple. Nous en avions d’ailleurs fait un dossier à l’époque. Que penses-tu de ceux qui ne poussent pas les études en coaching plus loin?
OI : Le métier d’entraîneur, c’est une passion. Il ne faut pas le faire par défaut. C’est aussi simple que ça. Pour moi, ceux qui n’ont pas continué, ils manquent de passion, ils manquent d’ambition. Ce n’est pas leur métier. Moi, je ne nomme pas de nom, mais ce ne sont pas des entraîneurs selon moi. Un entraîneur qui aime son métier, qui est passionné, va tout faire pour passer ses licences. Un entraîneur, c’est quelqu’un qui est toujours curieux, qui veut toujours apprendre…
QS : Prendre des cours n’enlève rien à ton vécu.
OI : Au contraire, ça met en relief ton vécu. Parce que le vécu de joueur…. Ce sont deux métiers différents. Jouer, c’est un métier et entraîneur c’est un autre. Le joueur sert beaucoup l’entraîneur. Mais il faut justement la formation pour ressortir ce vécu-là, parce que le vécu tu l’as, mais tu ne sais pas l’exprimer. L’entraîneur c’est un enseignant. Pour ressortir justement ce vécu, ça lui prend des outils, et ces outils-là, tu les as durant la formation. Je dirais même que parfois, c’est même dangereux quand on est juste joueur et pas entraîneur, on ne connaît pas ces outils-là, on se frustre rapidement et on se dit comment ça se fait, mes joueurs ne peuvent pas faire ci, mes joueurs ne peuvent pas faire ça. Le processus est plus compliqué qu’on le pense. Donc la formation c’est super-important.
QS : Pourquoi as-tu ensuite quitté le Québec, alors que commençait l’implantation de la réforme des clubs?
OI : Les gens n’ont pas embarqué dans mon plan d’action. Je suis arrivé (à la direction technique de la FSQ) en 2001, je suis reparti en 2003. C’est sûr que je suis rentré comme un bulldozer dans le système. J’ai tout remis en question. C’était l’année où, pour la première fois, quelqu’un parlait de la réforme des compétitions. La réforme qui est en place aujourd’hui, c’est moi qu’il l’ait démarrée. À ce moment-là c’était une bombe atomique. C’était la mort des Lakers, la mort du FC Sélect, du Dynamo de Québec.
Et le DEP, ce n’était pas le DEP d’aujourd’hui, il n’y avait pas beaucoup de gens qui réussissaient le cours. L’évaluation à l’époque était beaucoup plus sélective. Il commençait donc à y avoir des échecs au niveau du DEP, les clubs se sentaient menacés… J’ai remis beaucoup de choses en question, et je ne suis pas allé avec le dos de la cuillère, et avec le recul je suis peut-être allé trop vite. J’ai senti beaucoup de résistance. Et tout cela ne me faisait pas peur tant que la direction de la Fédération était avec moi. Mais à un moment donné, j’ai senti une désolidarisation des membres du comité exécutif. J’ai démissionné et on ne m’a pas retenu, comme on dit. Je sentais que c’était un soulagement pour la plupart des gens qui étaient alors à la Fédé. Un soulagement, parce qu’on était en confrontation avec les régions à tous les jours.
QS : Tu as donc quitté le Québec pour devenir l’entraîneur de l’équipe nationale U-17 de l’Algérie, ton pays d’origine…
OI : Je n’avais pas le mal du pays, c’est ici (au Québec) que j’étais très mal à l’aise. J’avais beaucoup de frustration. Tout était négatif. À mon avis, on prenait une mauvaise tangente. Moi j’ai toujours dit que si on affaiblit le technique, on est en train d’affaiblir le soccer. Et pour moi, à ce moment-là, on était vraiment en train d’affaiblir le technique. Peu importe ce qu’on disait…
On faisait énormément de politique au détriment du technique. Autrement dit, le technique, faut pas qu’il dérange trop. Même si on était d’accord avec moi sur le fond, oui ça prenait la réforme… S’il y en a un qui était très d’accord avec la réforme, c’était bien sûr le président, Dino Madonis. Mais il voulait aussi faire beaucoup de politique. Alors tu sais quoi, je pense que dans ce sens-là, Éric (Leroy) a fait un bon travail. Il a été plus souple, plus patient, plus politique. C’était une meilleure façon pour mettre en place ce que nous, on avait comme vision. Je pense que j’ai été peut-être un peu trop pressé, trop direct.
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Un bon départ pour Lassonde, moins pour le FC Edmonton
Montréal, le 25 avril 2012
Fabrice Lassonde était de retour à l’entraînement avec le FC Edmonton, mercredi, après un voyage-éclair au Québec afin d’assister aux funérailles de sa grand-mère, qui est aussi sa marraine. Le défenseur québécois tenait à traverser le pays pour cette triste occasion, puisque la famille vient avant tout.
Même si le FC Edmonton est toujours en quête d’un premier gain, ayant subi trois défaites et récolté une nulle jusqu’ici en cette saison 2012 de la NASL, c’est quand même avec plaisir que Lassonde retournera au boulot. Et ce n’est pas seulement parce qu’il a été l’un des joueurs les plus utilisés de l’équipe albertaine jusqu’ici cette saison, comme en font foi ses quatre départs et ses 354 minutes de jeu, faisant de lui l’un des quatre joueurs de la formation à avoir atteint le cap des 350 minutes de jeu.
«Ce n’est pas le début de saison qu’on voulait, mais au moins l’équipe progresse. Le dernier match a été beaucoup mieux si on le compare à notre premier. Après avoir été blanchis à nos trois premiers matchs, on a marqué trois buts à notre dernière rencontre, même si on a perdu 4-3 après avoir pris l’avance 3-2 (contre les Stars du Minnesota).
«Les entraîneurs continuent de nous faire jouer au ballon, et c’est ce qu’ils nous enseignent dans les entraînements, et les joueurs s’efforcent de suivre leurs consignes. Ça donne donc des matchs et des entraînements qui sont plaisants, a commenté Lassonde. Je ne regrette pas du tout d’avoir abouti ici.»
Après avoir évolué en Allemagne dans des divisions inférieures, des blessures ont fait en sorte que Lassonde s’est retrouvé sans autre issue que de tenter sa chance dans la NASL, là où l’Impact évoluait jusqu’à l’an dernier.
«J’ai été agréablement surpris par le calibre de jeu, dit-il du circuit de deuxième division nord-américaine. Le calibre est bon, plus fort que je le pensais.»
Aux joueurs qui ne savent pas trop s’ils doivent tenter leur chance en Europe, même si c’est en troisième ou quatrième division, ou bien lorgner plutôt un circuit nord-américain comme la NASL, Lassonde a un conseil passe-partout : «Trouvez-vous une place où vous allez jouer, et pas rester sur le banc. Et ça, ça peut vouloir dire aller en Europe, quitte à jouer pour une équipe de quatrième division, comme ça peut vouloir dire de jouer ici.»
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JO: Gare au Japon, mais la Suède sera la clé
Montréal, le 24 avril 2012
John Herdman a déjà commencé à prêter beaucoup d’attention à l’approche mentale qu’adopteront les joueuses canadiennes en vue du tournoi olympique de football féminin, et le pilote de la sélection nationale féminine continuera de le faire de plusieurs manières d’ici le début des JO, en juillet prochain.
Et pour cause puisque le Canada se retrouvera dans un groupe avec le Japon, équipe championne du monde, la Suède, troisième à la dernière Coupe du monde, et l’Afrique du Sud, la variable inconnue du quatuor.
Le premier match, le 25 juillet à Coventry contre le Japon, sera fort important. Pas tant au classement puisqu’il se soldera quasi assurément par une défaite fort prévisible – Herdman reconnaît déjà que c’est le troisième match, celui contre la Suède, le 31 juillet, qui décidera tout. Ce sera surtout le cas au plan psychologique.
On se rappelle qu’à la dernière Coupe du monde, à l’été 2011, le Canada avait affronté l’Allemagne à son premier match de la phase préliminaire. Ça s’était soldé par une défaite fort honorable de 2-1, mais les joueuses s’étaient effondrées par la suite, même si Christine Sinclair a continué de jouer en dépit d’une fracture du nez. Le Canada n’a récolté aucun point et officiellement terminé au dernier rang dans ce tournoi.
Carolina Morace, qui avait perdu les pédales en coulisses après le match contre les Allemandes, a été remplacée par Herdman depuis. Malgré la récolte d’une médaille d’or aux Jeux panaméricains depuis ce temps, et une qualification olympique bien assumée en janvier à Vancouver, la confiance de l’équipe restera fragile puisque le tournoi de Londres sera la première compétition de véritable envergure mondiale du Canada depuis la Coupe du monde. Sans doute que cette débandade aura davantage un impact mental que la qualif en quarts de finale et la 8e place obtenues aux JO de Pékin en 2008.
«En analysant ce qui s’est passé (l’an dernier), les joueuses avaient le sentiment qu’elles avaient passé trop de temps en vase clos, surtout à cause de toutes ces semaines passées en Italie avant le Mondial, sans voir leurs amis ni leur famille. Alors nous avons tout fait pour minimiser les risques de ‘névrose de la solitude’, a expliqué Herdman en conférence téléphonique, mardi, quelques heures après le tirage au sort des JO. Nous avons Ceri Evans qui a déjà commencé à travailler progressivement avec les joueuses à ce niveau, qui a déjà commencé à fournir une structure de travail sur le plan psychologique. Les joueuses doivent faire deux heures d’exercices psychologiques par semaine. Et juste avant et pendant le tournoi, Ceri s’amènera aux côtés des joueuses afin de minimiser l’impact qu’a un tournoi aussi grandiose que celui des Jeux olympiques sur les nerfs des athlètes.»
Les joueuses de Herdman sont présentement en camp à Vancouver. D’ici le moment où l’équipe canadienne se rendra en Suisse, le 5 juillet, en vue de disputer un tournoi pré-olympique, les joueuses auront droit à deux intervalles d’une semaine de congé complet.
«Elles auront l’occasion d’aller à la maison, de retourner en famille, d’oublier le soccer pendant quelques jours», a souligné l’entraîneur d’origine britannique.
Herdman a reconnu que c’est un handicap que le Canada en soit à son troisième entraîneur depuis le début du présent cycle olympique (Even Pellerud a quitté après les JO de Pékin). Cependant, il est d’avis que la présence de nombreuses joueuses d’expérience sera un atout.
«Je veux que l’équipe joue avec beaucoup d’énergie à l’attaque et je suis ouvert à l’entrée en scène de nouvelles jeunes joueuses. Mais dans les grands tournois comme celui des Jeux olympiques, l’expérience est souvent un facteur important. Nous aurons l’une des équipes qui comptent les joueuses les plus âgées et ayant le plus d’expérience à Londres.»
Herdman veut néanmoins que ses joueuses fassent preuve d’une plus grande polyvalence tactique et technique, car il faudra s’adapter en fonction du style particulier du Japon, puis de la Suède, pour faire partie des huit équipes issues de trois poules qui accéderont aux quarts de finale.
«Le jeu de passes du Japon est de premier niveau et tu ne peux espérer faire mieux qu’elles à ce niveau-là, a indiqué Herdman. Si tu essaies, tu risques de te faire brûler en contre-attaque. Les Japonaises sont sans pitié à ce niveau, elles sont parmi les meilleures dans le monde chez les femmes dans cette phase de jeu, parce que leur jeu de balle à une touche est meurtrier.
«Il s’agira pour nous d’appliquer de la pression dans leur tiers du terrain, d’amener des ballons le plus vite possible au-delà des zones dangereuses de contre-attaque.
«L’équipe de la Suède a changé de formation et de structure et l’approche sera différente, a noté Herdman. Les Suédoise te donnent une chance de contrôler le ballon. Nous devrons donc être à l’aise dans cet aspect du jeu, et chercher à venir à bout de leurs bases défensives.»
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Grand comme un Occéan
Montréal, le 19 avril 2012
«J’espère que les gens vont réaliser l’ampleur de ce moment. Dire qu’on nous disait que l’Europe n’était pas accessible. Wow.»
Voilà le message que j’ai reçu en privé, d’une figure bien connue du soccer québécois, en réaction au reportage que j’ai rédigé pour le compte de La Presse Canadienne, en début de semaine, à l’effet que le Brossardois Olivier Occéan évoluera l’an prochain en première division allemande. Il deviendra ainsi le premier footballeur professionnel québécois à évoluer dans un championnat européen de premier plan (voir : http://www.cyberpresse.ca/sports/soccer/201204/17/01-4516270-olivier-occean-jouera-en-premiere-division-allemande.php ).
Mon interlocuteur a raison : c’est là tout un exploit. C’est gros, c’est grand. Grand comme un océan.
Car après tout, le soccer organisé québécois n’est vieux que de 40 ans. Ce n’est qu’au début des années 1970, sous l’impulsion de Georges Schwartz notamment, que la Fédération québécoise a commencé à chercher à «organiser» le soccer juvénile. Donc, à régimenter «l’avenir» de notre soccer.
Avant cela, dans les années 1960 et auparavant, le soccer québécois se résumait à des équipes «ethniques», composée d’immigrants récents. T’arrivais d’Europe en bateau, tu débarquais au port de Montréal et sur place il y avait des recruteurs pour t’embaucher pour des clubs locaux. C’est ainsi qu’on pouvait présenter du foot de très haut niveau dans la grande région montréalaise.
Puis, on a voulu repartir sur des nouvelles bases, en favorisant le développement des Québécois nés ici. C’est-à-dire les «de souche», ainsi que les fils (et les filles) d’immigrants. Donc, ce n’étaient plus des gens qui avaient appris leur soccer en Europe. Le niveau a donc baissé, tout naturellement, malgré la bonne volonté de tout le monde. Il a donc fallu, ni plus ni moins, refaire le monde du foot local. Repartir à zéro. Comme une maison dont on jette les murs par terre et qu’on reconstruit.
Et quatre décennies plus tard, dans cette maison a grandi un jeune qui jouera en Bundesliga-1, un championnat qui présente l’un des trois ou quatre meilleurs niveaux de jeu au monde. C’est comme si un jeune, né en Afrique d’un père canadien et d’une mère suédoise, avait appris à jouer au hockey dans la savane et se retrouvait dans la Ligue nationale de hockey.
Je ne dis pas ça pour diminuer la valeur de l’encadrement offert par le soccer québécois, et particulièrement l’encadrement qu’on donne à Brossard, qui a produit de nombreux joueurs de bon niveau, à commencer par Patrice Bernier. Au contraire. J’y vais de cette image, pas mal cliché sur les bords il est vrai, pour rendre compte de l’énorme fossé qu’il y a entre l’univers du foot d’ici et celui qu’il y a là-bas.
Après tout, nous sommes au Canada, qui n’est même pas l’une des puissances de la CONCACAF, alors que la CONCACAF est sans doute la confédération continentale la plus faible au monde. Disons qu’on part de loin, qu’on est pas mal en bas de la chaîne alimentaire du foot.
Alors chapeau et bravo à Olivier, et à tous ceux qui lui ont donné les capacités, le désir et l’inspiration pour se rendre jusque tout en haut de la pyramide du soccer mondial. C’est vous tous qui avez permis le début de ce qui constitue, hors de tout doute, une nouvelle ère du soccer québécois.
Dans 100 ans, quand ils seront 10, 15 ou même 20 petits Québécois à jouer en Bundesliga, en Serie A et dans la Liga, il faudra se rappeler de tous ceux qui ont défriché le terrain – les Nick Albanis, Alex Bunbury, John Limniatis, Patrice Bernier et cie… Mais il faudra surtout se rappeler que c’est un jeune Brossardois du nom d’Olivier Occéan qui a défoncé la porte, une porte qui était jusqu’ici fermée.
Les bons et les mauvais partisans
Montréal, le 17 avril
Tiens tiens, Jesse Marsch et Zarek Valentin se sont excusés, après l’entraînement de lundi, pour les gestes qu’ils ont posés lors du match de samedi à Dallas. Le premier pour ses substitutions douteuses et le deuxième, pour avoir échangé un maillot avec un adversaire – coéquipier avec l’équipe américaine U-23 – un large sourire aux lèvres. Des gestes qui, selon certains partisans, il n’aurait pas fallu commenter, ni même aborder sur la twittosphère.
Car, ont-ils avancé, un bon partisan et un partisan qui ne critique pas. Un bon partisan est partisan qui encourage son équipe peu importe le contexte.
Autrement dit, un bon partisan est un partisan qui se la ferme. Qui accepte n’importe quelle baliverne ou gaffe de la part de son équipe, et qui en plus dit ‘merci’ et ‘encore’…
Autrement dit, un bon partisan est un partisan qui est plus catholique que le pape. Car même Joey Saputo ‘accorde’ le droit aux partisans de critiquer. C’est juste que selon lui, il faut critiquer l’équipe, pas les individus (voir épisode Ultras été 2011).
Je m’excuse, messieurs les «bons partisans», mais votre attitude de p’tit boss des bécosses, vous pouvez justement la laisser où elle mérite d’être, c’est-à-dire au fin fond du bois. De quel droit divin êtes-vous les juges de ce qui acceptable comme discussion ou pas acceptable?
Par exemple, même si je partais une campagne pour dire que Patrice Bernier mérite d’être capitaine à la place de Davy Arnaud… Il s’agit là d’une critique complètement déplacée dans le contexte actuel, mais j’aurais quand même le droit de l’exprimer, tout comme vous auriez le droit d’exprimer le fait que vous êtes en désaccord, et le droit surtout de m’expliquer pourquoi vous trouvez que je suis complètement dans le champ. Avec des arguments rationnels, svp.
Mais ne venez pas me dire que j’ai pas le droit de l’exprimer. Laissez-moi tranquille avec votre attitude fascisante.
Alors quand on parle des changements faits par Marsch en deuxième demie et qu’on remet en question ses décisions, tout cela et bien en-dedans des limites de ce qui est acceptable comme discussions entre partisans et sportifs. Que vous cherchiez à nous priver de cela, les bras m’en tombent.
Répondre à mon argument par un autre argument, ça c’est de la saine discussion, même si cela s’avère une discussion où on finit par être d’accord pour être en désaccord. Mais répondre à mon argument en criant ‘tais-toi!’, ça me donne le goût de vous répondre comme Guy A. Lepage l’a fait à Denise Bombardier… et ça, c’est pas très constructif.
Et à ceux à qui je dois tout expliquer, voici comment ça se passe : pendant un match, un «bon» partisan ronchonne. Après une victoire il exulte mais après une défaite, il critique et chiâle. Il se défoule. Puis, dans les heures qui suivent, il lit les commentaires du coach et des joueurs et il est alors à demi-rassuré. Puis, il se met à penser au match suivant et il retrouve son optimisme. Et il se remet à encourager les siens. «Allez les gars, on y va, on est capable!».
Et c’est ça qui est ça dans le monde du sport depuis la nuit des temps. C’est le cycle normal de la vie d’un bon partisan.
PLSQ: Un deuxième commissaire
Montréal, le 16 avril
Même si la journée d’ouverture de la première saison de la Première ligue de soccer du Québec a été lancée avec succès, dimanche à L’Assomption, ce circuit professionnel de division restera en constante évolution au cours des prochains jours, des prochains mois et des prochaines années.
Ajustements et tribulations ont été le lot des derniers mois, ceux qui ont mené à ses débuts historiques du 15 avril 2012, et il continuera d’y en avoir. Tout comme il continuera d’y avoir des signes que le niveau de notre foot senior progresse bien.
La vie continue donc, même si la PLSQ en était déjà à son «deuxième» commissaire, dimanche, quand elle a officiellement lancé ses activités lors du duel inaugural entre l’AS Blainville et le FC L’Assomption. En effet, c’est Ed Witkowski, directeur des compétitions au sein du comité exécutif de la Fédération de soccer du Québec, qui était en devoir à titre de commissaire, ayant succédé à Stéphan Lessard, celui qui a lancé la ligue en grandes pompes lors de la conférence de presse de lancement de l’été dernier et qui est resté en poste jusqu’au mois dernier.
Lessard a accepté un nouveau défi, non sans avoir défriché le terrain pour la PLSQ au niveau du marketing, notamment en abattant tout le travail visant à établir quelles valeurs avaient les différentes commandites que la PLSQ désirait offrir aux entreprises intéressées.
Ed Witkowski assurera la relève en attendant l’embauche d’un remplaçant, voire deux puisqu’on songe à scinder le poste en deux, avec un volet marketing et un autre plus administratif. Ce qui permettra sans doute d’engager une personne ayant de bonnes qualités en vente et en marketing, et une autre ayant un vécu plus «soccer».
La PLSQ continue donc d’avancer au niveau de ses dirigeants, comme elle continuera de progresser sur le terrain. Le match d’ouverture de dimanche a permis de montrer de belles séquences de jeu de part et d’autre, alors que chacune des deux équipes en présence comptaient au moins trois ou quatre joueurs capables de belles pièces de jeu. On a aussi pu constater que les deux équipes sont bien dirigées, qu’elles sont pilotées par des entraîneurs chevronnés en Jean-Robert Toussaint (L’Assomption) et Jean-Pierre Cériani (Blainville).
Voilà de quoi être optimiste en vue de l’avenir, en espérant que le travail qu’on continuera d’abattre permettra de voir chaque équipe, dès l’an prochain, miser sur cinq ou six belles individualités et pas seulement trois ou quatre. Puis, dans trois ans, d’assister à des séquences de huit passes de suite, et pas juste trois ou quatre d’affilée.
La PLSQ s’est donc donnée une belle direction, une direction qui s’en va en montant, et on espère que cette ligne ascendante poursuivra sa trajectoire pendant de nombreuses années encore.
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L'Impact peut oublier les fans déçus du CH
Montréal, le 12 avril
Ils ont été plusieurs chroniqueurs et commentateurs sportifs à avancer que l’Impact aurait une belle occasion, ce printemps, de recruter de nouveaux fans auprès des partisans déçus du Canadien. Mais je n’ai jamais adhéré à cette thèse et les événements semblent déjà me donner raison.
Alors qu’en théorie, tout semblait indiquer que le congédiement (alors à venir) du directeur général du Tricolore Pierre Gauthier allait marquer le point le plus bas d’une triste saison truffées d’une panoplie de creux de vague, ç’a s’est avéré le point de départ de la relance du club. Le président Geoff Molson a alors fait un long discours dans lequel il exprimait le désir, et la volonté surtout, de redonner à la concession montréalaise de la LNH toute sa splendeur d’antan. Déjà, le négatif cédait sa place aux ondes positives.
Et depuis, c’est la course aux rumeurs concernant l’embauche du prochain directeur général. L’optimisme est donc revenu au galop et une belle preuve de cela est la chaleureuse ovation que la foule du Centre Bell a accordée aux joueurs à la fin du dernier match du calendrier régulier, face aux Maple Leafs de Toronto.
Bref, quoique l’Impact fasse, le Canadien continuera d’avoir la cote d’amour et d’occuper l’avant-plan sur la scène sportive montréalaise. Mais ce n’est pas grave. Je n’ai jamais cru une seconde qu’un nombre important de fans du CH ferait défection vers le soccer.
Après tout, quand on aime un sport, on l’aime pour vrai, que ça aille bien ou que ça aille mal.
Il est vrai que l’Impact pourrait attirer une minorité de «butineurs sportifs», ces gens qui n’adhérent pas vraiment à un sport en particulier mais qui cherchent le party. Pour qui l’attrait, c’est d’aller prendre une bière entre chums peu importe le spectacle qu’on a devant soi, en autant qu’il s’agit d’un show branché, cool, à la mode. Peut-être l’Impact se retrouvera avec quelques-uns de ceux-là, mais j’ai l’impression que les gains à ce niveau pourraient plutôt venir des Alouettes, surtout si ceux-ci connaissent une autre saison en dents de scie.
Mais encore là, ce n’est pas un nombre important. Là où réside le gros du défi, selon moi, c’est du côté de ceux qu’on pourrait appeler les «euro-snobs». C’est-à-dire les milliers de Montréalais et de Québécois qui suivent le foot européen à la télé, qui trouvaient que le soccer de la NASL ne valait pas cher, et qui ont encore des doutes sur celui de la MLS. C’est là la clé pour l’Impact, c’est là où va se trouver la véritable différence. Il faudra les convaincre de venir voir des matchs, et pas seulement quand David Beckham et Thierry Henry seront en ville.
Peut-être que l’identité du joueur désigné à venir va permettre de faire des avancées à ce niveau, mais j’ai bien peur qu’il va falloir plus que cela. À moyen terme du moins. Je comprends pourquoi la direction de l’Impact a choisi de faire confiance à Jesse Marsch et à ses multiples «connections» à travers la MLS : parce que ça permettait d’aller chercher les joueurs ayant une expérience du circuit Garber, donc les valeurs les plus sûres pour s’assurer que l’équipe ne se fasse pas ‘planter’ match après match.
Mais ça, ça veut aussi dire une majorité d’Américains. Pas sûr que c’est ça qui va convaincre les euro-snobs d’acheter des abonnements de saison. M’est avis qu’à moyen terme, ou à long terme du moins, il va falloir que l’Impact ait une identité plus européenne. À l’image de Montréal, la plus européenne des villes nord-américaines faisant partie de la MLS.
Car à long terme, pas sûr que les meilleurs footballeurs américains, ceux qui font partie de la crème de la crème, vont vouloir venir à Montréal. Ils vont préférer jouer à New York et Los Angeles, mais aussi Dallas, Washington, Kansas City... L’Impact aura donc intérêt à aller chercher, au fil des ans, ici et là, les meilleurs Canadiens, de préférence ceux ayant évolué quelques années en Europe, comme Patrice Bernier, ainsi que des jeunes prometteurs de l’étranger, comme Felipe. Et ensuite, quand il s’agira de compléter les effectifs avec des joueurs de niveau secondaire, donc interchangeables, là on pourra recourir à des Américains.
Pour l’instant, l’Impact n’est qu’un calque de ce qui se fait ailleurs dans la MLS. Mais pour se démarquer, il doit forger sa propre identité et celle-ci passe par l’Europe. Et quand je parle d’Europe, je ne parle pas nécessairement de l’Italie. Ça pourrait être une philosophie espagnole – personne ne rechignerait contre ça, n’est-ce pas? -, voire néerlandaise. Et cette vision plus européenne devra sans doute venir d’un personnel d’entraîneurs ayant une telle philosophie. Une philosophie européenne. Et ce, sans nécessairement être né en Europe.
Je lance ça comme ça. Ça n’empêche pas qu’en attendant, on souhaite les meilleurs succès possibles à la mouture actuelle de l’Impact. Et qu’on apprécie ce que Marsch a donné comme direction à cette équipe. On espère quand même que plusieurs des éléments de sa philosophie – tels que l’engagement physique et la détermination sur le plan mental – resteront imprégnés dans l’ADN de l’équipe pour toujours… même une fois qu’elle entreprendra son virage européen.
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L'AS Blainville, premier de classe
Montréal, le 4 avril 2012
C’est bien beau, Antonio Ribeiro et Sandro Grande. Voilà une bien belle entrée en matière pour la Première ligue de soccer du Québec. Mais au bout du compte, ce sera la solidité à long terme des clubs du circuit pro de division 3 qui fera foi de tout.
Et il est à espérer que l’exemple de l’AS Blainville fera des petits. Qu’il galvanisera l’énergie des quatre autres clubs actuellement dans le circuit, et inspirera aussi les organisations intéressées à monter à bord à partir de 2013.
Car le dynamisme dont font preuve les dirigeants de ce club a de quoi rassurer. Même que c’est peut-être le leadership qu’ils affichent, depuis plusieurs mois déjà, qui a assuré la survie de la ligue, le mois dernier, alors que certains clubs branlaient dans le manche. Ceux-ci étaient nerveux en réalisant tout à coup les efforts colossaux que nécessitait la mise sur pied d’un club de niveau professionnel. Lakeshore a fait l’impasse et a failli entraîner tout le reste avec lui à la suite de son désistement de dernière minute.
Sauf que pour Blainville, il n’était pas question de tout laisser tomber comme ça. Trop de travail avait été fait, trop de travail bien fait. D’abord timide, la ville de Blainville était désormais à bord, tout comme plusieurs commanditaires. Les fils étaient attachés pour 2012, et il était donc hors de question d’attendre à 2013, puisque ces fils auraient pu s’effilocher lors d’une si longue attente.
Et si les autres clubs de la PLSQ ne font que le quart de la moitié de ce que Blainville semble en voie de réaliser comme tour de force, le circuit est promis à un bel avenir.
Ce que promet le directeur technique Jean-Pierre Cériani, c’est pas moins de 3000 spectateurs lors du match d’ouverture locale du 13 mai prochain, au Parc Blainville.
«Il n’en rentre pas plus de 2000, alors il va falloir mettre des cordes et des gens sur le gazon, comme à l’époque où l’Impact avait commencé à avoir trop de monde au Complexe sportif Claude-Robillard», a expliqué Cériani au cours d’un entretien téléphonique avec quebecsoccer.com.
Le club a prévu 150 places VIP et prévoit toutes les écouler. Il vend ses abonnements de saison à 10 $ pour 12 matchs, question de faire une offre que tout amant du ballon rond à Blainville ne peut refuser, ni à lui-même, ni à ses enfants. Le but : avoir du monde pour créer un engouement au stade et ainsi attirer l’intérêt des commanditaires potentiels.
Une quête de commandite qui est déjà fort bien amorcée, il faut dire. Umbro offre une panoplie complète d’équipement au club. L’hôtel Le Mirage, qui sera affiché sur le maillot des joueurs, a une entente avec le club et offrira des rabais sur des consommations aux détenteurs de billets après un match, selon le nombre de buts marqués par le club local. Les boutiques iFoot, autrefois affiliées à Evangelista Sports, sont également de la partie.
De son côté, la ville de Blainville a notamment offert de construire des vestiaires pour accommoder l’équipe, et de doter le stade d’une nouvelle surface dernier cri, répondant aux normes de la FIFA. À la demande de l’AS Blainville, la ville a aussi consenti à ce que les joueurs seniors puissent utiliser les installations gratuitement, un privilège qui a été étendu aux athlètes seniors des autres sports présents dans la municipalité.
«Il faut rendre hommage aux dirigeants de la ville, qui font preuve de dynamisme», a tenu à dire Cériani à ce sujet.
Et non seulement l’équipe senior de Blainville s’arrangera-t-elle pour ne pas solliciter le moindre dollar de ses équipes juvéniles – l’équipe senior et le reste de la structure juvénile représentent d’ailleurs deux OBNL distinctes – mais elle vise de devenir le moteur financier de toute l’organisation.
«Notre but, c’est que le senior génère assez de dollars pour que nous puissions baisser les coûts d’inscription à 50 $ pour tout le monde dans le club», avancé Cériani.
L’AS Blainville a aussi préparé une campagne de marketing sans précédent, qui comportera des initiatives que même l’Impact n’a pas entreprises, a affirmé Cériani.
«Nous préparons quelque chose de très spécial, qui sera dévoilé lors d’une conférence de presse le 24 avril», a dit le directeur technique, sans donner plus de détails afin de ne pas vendre la mèche.
Si Blainville a pu démarrer ainsi sur les chapeaux de roue avant même de disputer un seul match, c’est que Cériani avait déjà une idée très claire de ce qu’il voulait mettre en place. Le Français de naissance s’est largement inspiré de la structure de club qu’on retrouve dans son pays d’origine, et qui engendre un phénomène social tout à fait unique.
«Dans mon village, à Dun-sur-Meuse, les jeunes qui jouaient au foot rêvaient d’abord et avant tout de jouer pour le club local. Ce n’est qu’une fois plus vieux qu’ils pensaient ensuite à jouer en Ligue 1, ou encore pour Barcelone ou un autre club de premier plan.
«Nous voulons vraiment exploiter ce phénomène d’identification chez nous, a souligné Cériani. Nous voulons que nos joueurs réalisent qu’il n’y a pas de raison qu’ils aillent jouer ailleurs quand ils peuvent très bien jouer dans leur propre ville.»
Avis aux clubs qui aimeraient imiter Blainville mais ne savent pas trop comment : c’est avec plaisir que Cériani partagera ses idées avec vous.
«Les bonnes idées, elles peuvent servir à tout le monde, a-t-il noté. Qu’un autre s’en serve et en bénéficie, ça n’enlève aucun dollar à notre propre club. Au contraire, ça profite à tout le monde.»
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La fin du monde n'arrive pas à 23 ans
Montréal, le 2 avril 2012
Que l’équipe canadienne U-23 ne se soit pas qualifiée pour les Jeux olympiques de Londres n’est pas la fin du monde. D’ailleurs, ça n’aurait pas été davantage la fin du monde si elle avait réussi l’exploit, ce qui aurait été une première depuis 1984.
Car voyez-vous, ces équipes juvéniles – et le même raisonnement vaut pour les sélections nationales U-20 et U-18 – ne sont que l’affaire d’une génération. Elles ont beau se qualifier une année donnée, c’est loin de garantir que la prochaine fois sera la bonne là aussi puisque les effectifs auront complètement changé.
La seule qualification qui veut vraiment dire quelque chose du côté masculin, c’est celle de l’équipe senior. Parce que lorsqu’on réussit à bâtir quelque chose, ç’a des chances de durer longtemps. Et si ce qu’on construit mène à la phase finale de la Coupe du monde, ça procure à l’association nationale un financement important de la FIFA qui permet d’apporter encore plus d’eau au moulin du développement. Bref, ça donne des bidous qui permettent de développer quelque chose de vraiment durable, qui porteront leurs fruits pendant des décennnies et des décennies, pas seulement une année ou deux.
Et c’est sans cette perspective que Tony Fonseca, l’entraîneur de la sélection canadienne U-23, et les autres membres du personnel technique de l’Association canadienne ont composé leur formation en vue du tournoi de qualification de la CONCACAF qui vient de se terminer. Pendant que des équipes comme le Mexique et le Salvador se munissaient de joueurs très près de la limite d’âge prescrite, Fonseca a choisi des joueurs de différentes générations – cinq joueurs nés en 1989 et 10 en 1990, mais aussi cinq nés en 1992, un en 1993 et deux en 1994. Parmi ces derniers, il y avait le Québécois Samuel Piette, qui a joué régulièrement malgré ses 17 ans seulement.
Tant qu’à aligner une équipe plus expérimentée qui n’aurait pas eu de meilleures chances de se qualifier, Fonseca a préféré faire confiance à des plus jeunes, question de donner à ceux-ci de l’expérience précieuse en vue de leur éventuelle promotion au sein de la sélection senior. Et étant donné qu’ils n’y arriveront pas tous en même temps, ils pourraient s’avérer plus nombreux à y trouver place.
Ce qui ne garantira pas nécessairement une place en Coupe du monde, mais au moins c’est signe, du côté de Fonseca, Stephen Hart et compagnie, qu’on réfléchit à la question. Et qu’on tente de trouver des solutions avec les moyens du bord.
Autre bon signe, c’est qu’en discutant avec le Longueuillois Philippe Davies, la semaine dernière, on a pu se rendre compte que les joueurs canadiens ont encaissé de travers le but tardif de Cuba qui les a forcés d’accepter un match nul au lieu d’une victoire, et donc d’affronter le Mexique au lieu du Honduras en demi-finale. Ils n’ont pas voulu se servir de leur relative inexpérience sur la scène internationale comme excuse et c’est tout à leur honneur. C’est là un signe de maturité.
Sauf que, comme on me l’a fait remarquer, Cuba n’a pas été une équipe si facile à dominer pendant le tournoi. Huit des 10 buts que Cuba a encaissés à ses deux premiers matchs l’ont été à 10 contre 11, après l’expulsion d’un des leurs. C’est donc dire qu’à forces égales, ils n’ont encaissé qu’un but par match lors du tournoi rotation. Ce qui rend donc ce 1-1 inacceptable contre les Cubains… un peu plus acceptable.
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La force tranquille de Nevio Pizzolitto
Montréal, le 28 mars 2012
Même si Nevio Pizzolitto a refusé de poursuivre avec l’Impact dans sa deuxième carrière, Joey Saputo ne lui en a pas tenu rigueur et il a lui a quand même dit que la porte demeurerait, pour lui, toujours ouverte.
C’est ce que m’a raconté Nevio quelques minutes après avoir dîné mercredi midi avec sa famille, et son père Luigi notamment, pour qui il travaillera désormais au sein de l’entreprise familiale. Il venait d’annoncer sa retraite au cours d’une conférence de presse organisée par l’Impact – et ce, même si l’ancien défenseur ne poursuivait pas avec l’organisation, du moins pas sur une base officielle.
Ce sont là deux éléments qui montrent à quel point Nevio Pizzolitto a été un élément marquant dans l’histoire du club, et à quel point on est reconnaissant à son endroit. Pratiquement autant qu’à l’endroit d’un Mauro Biello ou Nick De Santis.
Après tout, s’il était né en 1975 au lieu de 1976, lui aussi aurait pu se targuer d’avoir été là dès les débuts de l’Impact comme les deux autres. Mais il n’avait que 16 ans lors de la fondation de l’Impact. C’est en 1994 qu’il a commencé à s’entraîner avec le club, à l’âge de 17 ans. Il venait d’avoir 18 ans quand il a vu Jean Harbor donner un premier championnat à l’organisation mise sur pied par la famille Saputo.
Mais Nevio a vécu le reste. Les championnats de saison régulière, le grand titre de 2004 et celui de 2009, le fabuleux parcours en Ligue des champions. Il a été le pivot, avec Gabriel Gervais, des équipes de l’Impact les plus dominantes sur le plan défensif, au milieu des années 2000. Bref, il a été au poste de défenseur ce que Mauro a été comme joueur offensif et Nick, comme milieu défensif.
D’ailleurs, cette retraite permet de constater, à nouveau, que Nevio est aussi apprécié et populaire que les autres figures de proue du club. Et ce, même si malgré sa générosité sans bornes avec les journalistes, il a toujours été un homme de relativement peu de mots.
C’est bon de voir que les gars tranquilles se font remarquer et apprécier eux aussi. Merci Nevio.
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Le Longueuillois Davies attire l'attention
Montréal, le 25 mars 2012
Le Longueuillois Philippe Davies était sans attache quand il a amorcé le tournoi de qualification olympique de la CONCACAF qui se déroule présentement à Nashville, mais le milieu de terrain de l’équipe canadienne U-23 risque de se trouver un club très bientôt.
L’athlète de 21 ans était déjà en négociations avec au moins une organisation, mais le téléphone de son agent s’est mis à sonner à répétition après le match de samedi, remporté 2-0 par le Canada aux dépens des États-Unis. Cette victoire éclatante fait en sorte que la formation canadienne est à toutes fins utiles assurée de se rendre en demi-finale puisque le dernier match du tournoi rotation aura lieu lundi contre Cuba. La sélection canadienne n’aura besoin que d’une nulle, contre une équipe qui s’est fait massacrer par les Américains, pour réussir le coup. S’agira ensuite de se rendre en finale pour se qualifier pour les Jeux olympiques de Londres.
Davies a attiré l’attention au cours du week-end après avoir été directement impliqué dans les deux buts des siens face aux États-Unis.
Les enchères risquent donc de monter au fil des heures. Et si vous êtes un parieur, misez un p’tit 2 $ sur le Danemark à titre de destination probable. Il ne faudrait pas se surprendre que Davies se retrouve là où on tient déjà les Canadiens en haute estime, sur des terres qui ont déjà été défrichées par d’autres produits de premier plan de la Rive-Sud de Montréal – Patrice Bernier en l’occurrence.
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Plus qu'un simple match de foot
Montréal, le 19 mars 2012
«Pourquoi tu veux aller là aussi tôt? Tu sais bien qu’ils vont perdre!»
C’est ce que m’a spontanément répondu ma conjointe quand je lui ai dit que j’avais l’intention de quitter la maison dès 11h, samedi dernier, même si le match d’ouverture locale de l’Impact ne commençait que trois heures plus tard. Elle n’avait qu’un ton mi-sérieux seulement, mais quand même avec un certain sérieux, donc.
Mais j’ai tenu mon bout. Un match de foot, c’est un match de foot, oui, c’est vrai… Mais celui-là, faut admettre que c’était bien plus que ça. Alors pas question d’arriver à la dernière minute. Celui-là, fallait le savourer d’avance. Tranquillement, sereinement, avec un sourire béat aux lèvres en attendant le premier coup de sifflet.
En arrivant tôt, d’ailleurs, ça m’a permis de tomber sur Réjean Tremblay dans la galerie de presse du Stade olympique. Celui-ci, qui était tombé en amour avec le Manic à l’époque et n’a plus vraiment couvert le soccer par la suite, est de retour dans les parages maintenant que l’Impact évolue dans la plus grande ligue possible. J’en ai profité pour aller le voir et lui dire ce que disent souvent les gens quand ils rencontrent quelqu’un qui a été un modèle, une inspiration pour eux, mais sans le ton gnan-gnan : «Bonjour, je suis Marc Tougas, je couvre le soccer depuis 25 ans et voilà maintenant 10 ans que je suis à La Presse Canadienne. Deux choses ont influencé le cours de ma carrière : le Manic ainsi que la section des sports de La Presse – et vous en particulier.»
Le Manic, qui m’a raccroché au soccer au début des années 1980 après avoir pratiqué ce sport tout jeune et l’avoir abandonné à l’adolescence. Et La Presse de la même époque, qui m’a montré que c’était un noble métier que de raconter les exploits de sportifs grâce à Tremblay, Pierre Foglia, Richard Chartier, Bernard Brisset, Ronald King et cie.
C’est en partie dans le but avoué de lui flatter l’ego – on n’a jamais trop d’alliés parmi les puissants! - que je suis allé le voir, mais c’était surtout pour moi que je l’ai fait. Je cherchais surtout à lui signifier – et à me le souligner à moi aussi - que le flambeau se passait d’une génération à l’autre. D’une équipe de soccer pro à l’autre, mais aussi d’un journaliste à l’autre.
Je raconte cette histoire parce que je n’ai aucun doute dans mon esprit que des centaines, des milliers de gens ont vécu la même chose dans leur tête, ces deux derniers week-ends, quand l’épopée de l’Impact de la MLS s’est mise en branle. À commencer par Joey Saputo et Nick De Santis, mais aussi en passant par le père de famille de Blainville ou Sainte-Julie, qui a peut-être assisté au match de 58 542 spectateurs du 2 septembre 1981 contre le Sting de Chicago, et qui voulait maintenant faire vivre la même sensation à son enfant ou son petite-enfant.
Même si ces débuts de l’Impact en MLS projettent le soccer québécois résolument dans l’avenir, le match du 17 mars était une dernière occasion de jeter un regard vers le passé afin de lui rendre hommage. Le Manic, mais aussi le CPS, la LNSQ, le Supra, le FC Supra, l’Impact plus modeste à ses débuts en APSL, puis en A-League, etc… Et c’était une occasion de se rendre compte que toutes ces années-là, toutes les péripéties vécues, tous les aventures et mésaventures, n’ont pas été vécues en vain.
Maintenant, désormais et pour toujours, l’année où les Nick De Santis et cie ont joué sans salaire; la fin de saison où les Mauro Biello et autres ont accepté de recevoir des coupons de gaz en guise de compensation au lieu d’argent sonnant; la fois où l’Impact a décidé de sauter la saison 1999 de foot extérieur afin de tenter la chance au soccer en salle – en installant des bandes sur les terrains de tennis du Complexe sportif Claude-Robillard, qui plus est ‑; la décision d’aller jouer à Pittsburgh même si Ionian avait bêtement abandonné l’équipe en pleine saison 2001… Tout cela prenait tout son sens. Car tout cela n’avait pas été fait en vain.
Et maintenant que tout cela a été savouré et célébré, en avant toute.
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Appel aux partisans «ordinaires»
Montréal, le 14 mars 2012
Après leur lettre ouverte à l’intention de Joey Saputo et Nick De Santis, publiée au mois d’août dernier au plus fort de la tourmente d’une saison 2011 on ne peut plus tourmentée, les Ultras Montréal ont récidivé, mercredi, à quelques jours du tout premier match à domicile de l’histoire de l’Impact en MLS. Cette fois, il s’agit d’un appel aux autres partisans de l’Impact, qu’on pourrait appeler «les partisans ordinaires».
Ceux qui auront déjà lu mon article sur les Ultras, justement, dans l’édition de mars du magazine Québec Soccer, présentement en kiosque ou que vous avez déjà reçu par abonnement, connaissent l’histoire de ces partisans assidus qui se sont formés il y a 10 ans. Ils savent que les UM02 sont nés en 2002, justement, à cause de l’apathie relative des amateurs locaux qui assistent en bon nombre aux matchs de l’Impact depuis plusieurs années – nommément, les responsables de clubs juvéniles et les parents qui veulent faire plaisir à leurs joueurs, à leurs enfants, en les amenant voir un match de foot à Montréal. Et mettons que ça, ça ne donne pas exactement une atmosphère comme on le voit en Europe.
Par cette lettre ouverte, les Ultras trahissent leur inquiétude. L’inquiétude de voir le même phénomène arriver de nouveau. Ils s’inquiètent surtout du match du 7 avril, alors qu’ils seront 2500 fanas du Toronto FC à débarquer au Stade olympique. Pas tous des fans finis, mais des gens qui viendront dans le but de se payer du bon temps à Montréal alors qu’en plus, les Maple Leafs affronteront le Canadien au Centre Bell le même soir. Ça va donc brasser sur Crescent dans la nuit de samedi à dimanche, et le party risque de commencer dès midi au Parc olympique.
Les Ultras Montréal ont beau avoir doublé leurs effectifs cette année pour se gonfler à 350 membres officiels, qui seront accompagnés d’un nombre équivalent de sympathisants dans leur section du Stade olympique, samedi… Ils ont d’ores et déjà reconnu, dans l’article du mois de mars de QS, qu’ils ne peuvent faire tout seul. Pour résister à l’envahisseur torontois, va tous falloir s’entraîner un peu, se dégourdir les cordes vocales. Et pour être en parfaite forme ce jour-là, faut se préparer à l’avance. Donc, pour donner le ton et prendre de bonnes habitudes, il n’y a pas de meilleur moment que de commencer avec le match de samedi.
D’où la lettre diffusée mercredi, que voici dans son entier :
Lettre ouverte aux supporters de l’Impact de Montréal
Parce que c’est pas vrai qu’on va tout faire seuls…
Les Ultras Montréal supportent activement l’Impact de Montréal depuis maintenant 10 ans. Jamais nous n’avons senti autant d’engouement pour une saison du club. Partout, les gens parlent de nos joueurs, de notre premier match à domicile, de notre défaite à Vancouver, des joueurs que l’on devrait ajouter à l’effectif. C’est très bien.
Par contre, il nous apparaît de plus en plus évident qu’en matière d’ambiance, les gens attendent de voir ce que les Ultras Montréal vont faire pour rivaliser avec les autres clubs et pour que Montréal ait la meilleure ambiance en MLS. Nous voudrions vous aviser que l’atmosphère n’est pas quelque chose qui arrive comme par magie et n’est pas du seul ressort des Ultras Montréal. Elle passe par vous. L’ambiance à Montréal, ce n’est pas l’affaire d’un groupe de supporters, ça comprend tout le monde qui prendra place dans le stade le 17 mars, mais aussi tout au long de la saison.
L’Impact, c’est votre club, ce n’est pas exclusivement celui des Ultras Montréal. N’assistez pas aux matchs de l’Impact comme si vous assistiez à une pièce de théâtre avec pour seuls acteurs les joueurs et les UM02. Participez. Portez les couleurs du club, chantez avec nous et aidez-nous à faire de l’Impact le club ayant la meilleure ambiance en MLS.
Nous ne pourrons y arriver seuls; il n’en tient qu’à vous.
Ultras Montréal 2002
Toujours fidèles
Si cette lettre vous pique au vif, tant mieux. Servez-vous de ce sentiment pour leur prouver qu’ils ont tort. Que vous n’êtes pas apathiques, que vous ne resterez pas assis sur vos mains pendant les matchs de l’Impact cette année, maintenant qu’ils auront une opposition de premier plan. Maintenant qu’ils sont dans une «vraie» ligue, vous allez également agir en «vrais» partisans «ordinaires», aussi «ordinaires» que les partisans ordinaires du Canadien ou des Alouettes. Vous allez montrer concrètement que non seulement vous aimez votre équipe de soccer et que vous espérez qu’elle survive, mais que vous voulez qu’elle prospère et qu’elle se hisse au sein de l’élite parmi l’élite.
D’ailleurs, vous réalisez sans doute que c’est dans ce but que cette lettre a été écrite. Pour vous piquer un peu, pour vous faire réagir, pour sonner l’éveil. Les Ultras espèrent bien que vous leur prouverez qu’ils ont tort. Et si effectivement ça s’avère le cas, eh bien… Croyez-moi, ils seront les premiers à en être heureux.
Et le même raisonnement reste valide si vous trouvez ce billet un peu paternaliste. J’y serai, au match, samedi. Montrez-moi que j’avais tort de m’inquiéter un peu moi aussi.
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Images de Vancouver
Montréal, le 12 mars 2012
Quand vous lui posez une question, Jesse Marsch vous regarde droit dans les yeux. Sans détourner le regard. Et ce, de la première à la dernière seconde que dure sa réponse. L’entraîneur de l’Impact est calme, mais on sent l’intensité qui sommeille à l’intérieur. Cette même intensité qui lui servait de carburant quand il était joueur, et qui lui servira sans doute encore quand viendra le temps de mettre les points sur les ‘i’ et les barres sur les ‘t’ avec ses joueurs dans les moments difficiles.
Voilà l’une des images et des sensations qui me reviendront souvent, au cours des prochains mois, à la suite de mon séjour de quatre jours à Vancouver à l’occasion du premier match de l’histoire de l’Impact en MLS, afin d’assurer la couverture de ce rendez-vous historique pour La Presse Canadienne. Des images et des sensations qui me resteront pendant des années.
Une autre de ces images est celle, par exemple, de Joey Saputo, Nick De Santis et Matt Jordan qui entrent dans le vestiaire, pendant que les journalistes y sont encore, pour venir serrer la main et féliciter les joueurs du onze montréalais après le match. Ça ne parlait pas fort et l’heure n’était pas à la rigolade étant donné la défaite de 2-0 aux mains des Whitecaps, mais les visages des dirigeants de l’Impact étaient détendus et souriants. Signe, sans doute, qu’ils considéraient que tout le monde pouvait dire ‘mission accomplie’ pour cette première étape au plus haut niveau nord-américain.
L’image, aussi, d’un journaliste qui couvre le soccer québécois depuis 25 ans qui se dirige vers Nick De Santis pour lui serrer la main sans arrière-pensée, et la sensation d’une poignée de main franche, en oubliant les rancunes et les doléances, du moins pour quelques instants. Un autre signe du don de guérison que représente ce passage en MLS pour bien des intervenants du soccer québécois.
Le son de Jason De Vos, analyste de soccer au réseau CBC et joueur l’Impact de la première époque, qui m’appelle par mon prénom avant l’entraînement des Whitecaps et montre ainsi qu’il se rappelle de moi-même si ça fait une éternité que nos chemins se sont croisés. Il y a aussi eu les paroles de Bob Lenarduzzi, président des Whitecaps, qui se rappelle encore aujourd’hui que j’étais l’un des rares à défendre sa cause quand il dirigeait la sélection canadienne.
Aussi, le plaisir de raconter, d’écouter et d’échanger des anecdotes avec les deux membres d’Invasion128, deux super-fans de l’Impact, des Alouettes et du Canadien qui ont fait le voyage en Colombie-Britannique pour assister au match de l’Impact, ainsi que celui qui a suivi en soirée entre le CH et les Canucks.
Et sur le terrain, l’image de Patrice Bernier qui plaque littéralement un joueur des Caps au milieu du terrain, épaule contre épaule, quelques instants après que son capitaine Davy Arnaud eut été malmené physiquement. Le geste a attiré un carton jaune, mais lancé un message ‑ un message que tout le monde qui a joué au hockey comprendra : «Touche pas à mon pote. Compris?» L’esprit d’équipe et la solidarité, on en parlait depuis le début du camp d’entraînement chez l’Impact, mais ce geste-là de Bernier était un signe tangible que ce n’était pas de la frime.
Une dernière image parmi les nombreuses qui me resteront : celle des nombreux rideaux de tissu qui ont recouvert les gradins de BC Place en vue du match, pour cacher les balcons supérieurs mais aussi de nombreuses sections des gradins inférieurs, pour tenter de masquer le fait que la «salle comble» de 21 000 spectateurs n’était pas dans les faits une salle comble du tout.
C’est là une image qui va bientôt être remplacée par une autre : celle des 50 000 spectateurs et plus qui viendront faire la fête au Stade olympique, ce samedi, en vue du match d’ouverture locale.
J’espère que vous serez là et je vous souhaite d’en ramener, vous aussi, de belles images qui dureront toute une vie.
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La philosophie de Martin Rennie
Vancouver, le 8 mars 2012
Même si l’Impact n’est arrivé qu’en soirée en Colombie-Britannique, jeudi, ç’a valu la peine d’arriver à Vancouver tôt dans la journée puisque les Whitecaps organisaient leur journée des médias à BC Place. Ça m’a permis de manger un sandwich (avec croûte) sur le bras du club, mais surtout de comprendre pourquoi les Caps ont fait un tel acte de foi en embauchant Martin Rennie malgré son inexpérience de la MLS.
Car en plus des traditionnelles entrevues avec les joueurs et du point de presse de la journée avec la direction, les Caps ont embauché un arbitre pour nous expliquer les lois du jeu – dont le hors-jeu en long et en large – mais surtout demandé à Rennie de faire une conférence à l’intention des journalistes afin d’exposer sa philosophie de base et son approche avec les joueurs.
Rennie a notamment expliqué qu’il se donne pour principale mission de repousser les limites de ses joueurs. Des limites qu’ils s’imposent souvent eux-mêmes, a-t-il expliqué.
«Par exemple, un joueur qui n’est pas bon de la tête, ou pense qu’il n’est pas bon de la tête, va tout simplement arrêter de faire des têtes au lieu de chercher à s’améliorer. Même chose s’il tire moins bien du pied gauche, par exemple. Il s’impose donc des limites lui-même. Notre rôle, c’est de faire du renforcement positif afin de les amener à repousser eux-mêmes ces limites.»
Rennie a aussi expliqué que certains joueurs comprennent comment faire un jeu donné, commandé par les entraîneurs, en l’exécutant une fois sur le terrain. D’autres comprendront plutôt en regardant l’illustration du jeu sur vidéo. Et d’autres encore, par une simple écoute des instructions. Le rôle des entraîneurs est donc de multiplier les instructions de ces trois manières afin qu’en bout de ligne, tous les joueurs finissent par comprendre ce qu’on veut d’eux.
L’ancien entraîneur des RailHawks de la Caroline a également dit utiliser le système de statistiques Prozone afin de pouvoir préciser aux joueurs ce qui, au juste, ils font de mal, mais aussi de bien.
Rennie m’a par ailleurs expliqué que même s’il s’amène de la NASL, la transition en MLS a été facile pour lui. Il a souligné que les joueurs sont plus gros, plus forts et plus rapides en MLS, mais leur nature de leur personnalité reste grosso modo la même. Alors du coaching, ça reste du coaching. Il a même laissé entendre que c’est plus facile puisque les ressources qui viennent appuyer le travail de l’entraîneur-chef sont encore plus vastes en MLS qu’elles étaient en deuxième division.
C’était la première fois que j’entendais parler Rennie, jeudi, et j’ai compris pourquoi on a tant parlé de lui l’été dernier, et pourquoi tant de clubs étaient intéressés à l’embaucher. L’Impact est entre bonnes mains avec Jesse Marsch, mais n’aurait pas fait d’erreur non plus en s’entendant avec Rennie.
Un joueur comme Sébastien Le Toux, jeudi, a d’ailleurs vanté la qualité du travail du personnel d’entraîneurs des Whitecaps, qui a permis d’accélérer la mise en place de la chimie au sein de l’équipe.
«Plusieurs se sont demandé pourquoi on a embauché (Rennie) au milieu de la saison dernière, sans l’amener tout de suite avec nous, a noté le président des Whitecaps Bob Lenarduzzi en point de presse. Ça nous semblait être la bonne décision à prendre à ce moment-là et aujourd’hui, nous sommes encore plus convaincus que c’est le cas.»
Quant aux aspirations des Caps en 2012, Lenarduzzi a dit s’attendre à ce que sa formation aspire à devenir une équipe de premier plan cette année, à seulement sa deuxième saison dans la MLS. Pour justifier son optimisme, il a notamment parlé de l’addition de Le Toux, qui viendra renforcer une attaque déjà plus que potable, mais aussi du défenseur sud-coréen Young-Pyo Lee, un vétéran de 34 ans qui s’est vite adapté au style de la MLS, dès la Classique Disney – que les Whitecaps ont d’ailleurs survolé.
Rennie, lui, a quant à lui parlé d’Éric Hassli en donnant l’exemple d’un joueur qui a un énorme potentiel et qui ne fait que commencer à comprendre à quel point il a le pouvoir de repousser lui-même ses limites. Il a aussi mentionné le Québécois d’origine Alain Rochat en parlant du groupe de meneurs qui feront le lien entre les entraîneurs et l’ensemble des joueurs.
L’Impact sera sûrement gonflé à bloc, samedi, lors de son premier match en MLS. Mais les Whitecaps aussi.
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Bend it like Bernier
Montréal, le 6 mars 2012
Une fois éloignée une bonne partie de la meute journalistique et vidée la question du choix de Davy Arnaud comme capitaine, Patrice Bernier a parlé, mardi, du fait qu’il est devenu un joueur bien différent de celui qui a fait ses débuts dans les rangs professionnels avec l’Impact au début des années 2000.
«Certains ont encore cette image de moi comme joueur, parce qu’ils ne m’ont pas vu jouer en Europe», a-t-il souligné après une séance d’entraînement de près de deux heures au Centre sportif Marie-Victorin, tenue à quatre jours de l’historique match d’ouverture de la saison 2012 de l’Impact – la première en MLS.
C’est alors que je lui avoué que, justement, je faisais partie de ces gens qui ne connaissent que le jeune Bernier, et que j’avais été un peu surpris de le voir réussir ce but sur coup franc contre le Dynamo de Houston à l’occasion de la Classique Disney, la semaine dernière à Orlando. Un but si spectaculaire qu’il a donné naissance, sur les médias sociaux, à l’expression «Bend it like Bernier» - en hommage, évidemment, à la finesse que montre David «Bend it like» Beckham lors des situations de jeux arrêtés.
J’ai du même coup demandé à Bernier s’il s’était surpris lui-même avec ce but… ou s’il était plutôt surpris que je sois surpris.
Le nouvel ambassadeur par excellence de l’Impact m’a alors gentiment expliqué qu’avec ses clubs en Europe, il a souvent été celui qui a été appelé à effectuer les coups francs du genre. Si nous, ici au Québec, ne l’avons pas vu exceller de cette façon, c’est à cause d’un concours de circonstances.
«À mes débuts avec l’Impact, j’en prenais à l’occasion, mais c’est surtout Mauro Biello qui les prenait, surtout ceux qui étaient directement devant le filet, m’a indiqué Bernier. Et avec l’équipe canadienne, il y a plusieurs joueurs talentueux qui veulent les prendre, alors…»
Alors, Bernier joue un rôle un peu plus effacé quand il porte le maillot rouge. On espère que ce ne sera pas toujours le cas chez l’Impact. D’autant plus qu’au sein d’une équipe qui semble destinée à être victime d’un manque de finition à l’attaque, des tirs brossés comme ceux de Bernier, qui adoptent une courbe tellement prononcée qu’ils en désarment complètement le gardien adverse, ça risque non seulement de faire plaisir aux spectateurs, mais aussi de faire du bien à un effectif qui cherchera à se défaire le plus vite possible de l’étiquette d’équipe d’expansion.
Bernier n’est pas allé jusqu’à promettre qu’il en marquerait des tonnes d’autres, des buts du genre. Mais il nous a fait comprendre qu’il estime avoir l’étoffe pour le faire régulièrement et s’il n’en tient qu’à lui, il y en aura plusieurs autres.
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L'âme du Manic
Montréal, le 5 mars 2012
Pendant que les poutres tombent comme, euh, eh bien… une tonne de briques au Parc olympique, les billets se vendent comme des petits pains chauds en vue du match d’ouverture locale de l’Impact du 17 mars prochain. Joey Saputo a annoncé, lundi, en même temps qu’il a rassuré les partisans à l’effet que le premier match à domicile de l’entrée en MLS aura bel et bien lieu au Stade olympique, que 41 000 billets avaient été vendus en vue de cette rencontre historique.
L’équipe peut donc maintenir le cap en ce qui concerne l’objectif avoué du président de l’IMFC de rééditer le record de 58 542 spectateurs qui appartient au Manic de Montréal depuis 1981. Si on ne réussit pas l’exploit, on le frôlera.
D’une manière ou d’une autre, l’atmosphère risque d’être électrique dans le Big O, ce qui devrait faire des petits et mousser la vente pour les matchs suivants du club d’expansion montréalais, tant au Stade olympique qu’au Stade Saputo.
L’Impact semble donc en bonne voie de faire revivre l’âme du Manic dans le vieux stade et l’occasion sera d’ailleurs belle pour exploiter le filon à fond. Pourquoi ne pas inviter des anciens du Manic tels qu’Eddie Firmani et Gordon Hill, qui se font toujours un plaisir de revenir à Montréal au moindre prétexte, à venir effectuer le botté protocolaire à l’un des matchs qui seront disputés au Stade olympique?
Ou même, comme l’a suggéré un de mes abonnés sur Twitter, pourquoi pas un match des anciens du Manic? Ce serait un beau prétexte pour les opposer à des anciens de l’Impact, et donc de rappeler aux amateurs de soccer qui découvrent à peine l’équipe que celle-ci a un long et glorieux passé.
Le soccer québécois doit beaucoup à Joey Saputo, à cause de l’entêtement (fort bienvenu) de celui-ci à aligner une équipe de premier plan pour le meilleur et pour le pire. Mais Joey Saputo pourrait alors, de son côté, donner un beau coup de chapeau à ceux qui ont pavé la voie du soccer professionnel avant lui.
À Vancouver, les Whitecaps ont gardé des liens avec leur passé dans la LNAS puisque Bob Lenarduzzi est toujours président et que Carl Valentine est toujours dans le décor. Personne ne demande à Saputo de les mimiquer et d’embaucher des anciens du Manic, mais leur tendre la main serait un geste symbolique qui ne pourrait faire autrement que d’avoir des retombées bénéfiques.
Car sans Manic, peut-être que le passionné de soccer en Joey Saputo ne se serait jamais éveillé. Et sans Joey Saputo, une chose est sûre, on ne s’apprêterait pas à vivre le moment historique qui nous attend le 17 mars.
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Fini l’incertitude : la PLSQ ira de l’avant en 2012
Rédigé le 1er mars 2012
Tout est bien qui finit bien : la Première ligue de soccer du Québec ira de l’avant avec la toute première saison de son histoire, le 15 avril prochain. Mais l’accouchement n’aura pas été de tout repos.
Car si la direction de la PLSQ et de la Fédération de soccer du Québec, de même que les dirigeants de certains clubs-phares du circuit professionnel de division 3 n’avaient pas agi avec conviction, célérité et doigté, peut-être que le bébé de l’ancien président Dino Madonis aurait été mort-né.
La bonne nouvelle, au bout du compte, c’est que la PLSQ sera lancée avec cinq équipes. Certes, ce ne sont pas les six à 12 équipes promises il y a six mois, mais au moins il s’agit du même nombre de formations qu’on a annoncé en conférence de presse, au mois d’août dernier.
Quoiqu’il ne s’agit pas des cinq mêmes équipes d’origine. L’Assomption, Blainville et Brossard sont là depuis le début, mais Gatineau et Lakeshore ont fait place depuis à Saint-Léonard et Boisbriand.
L’absence de Gatineau s’est confirmée de manière sereine, cette concession annonçant bien à l’avance qu’elle ne sera de la partie qu’en 2013, et sera alors plutôt basée à Aylmer.
Le désistement de Lakeshore a failli avoir des conséquences plus fâcheuses puisqu’il n’est survenu qu’à la mi-février, quand la direction a réalisé qu’elle n’aurait pas assez de revenus pour éviter le désastre financier, même après avoir révisé le budget des dépenses à la baisse à trois reprises. Au grand dam des joueurs, qui s’entraînaient déjà depuis quelque temps avec le club du Lac St-Louis.
Et puisque des rumeurs d’instabilité administrative émanaient de l’AS Brossard depuis l’élection d’un nouveau président à la tête de ce club, ç’a rendu au moins deux clubs nerveux, à tort ou à raison, soit Saint-Léonard et Boisbriand. «Si Brossard n’y est pas, pas question de poursuivre dans une ligue à quatre, ce n’était pas ce à quoi nous nous étions engagés», disait-on. Pendant ce temps, Blainville et L’Assomption étaient nerveux, eux, parce que tout aurait été à recommencer si tout tombait à l’eau et qu’il aurait fallu remettre leur beau projet à 2013. Pas sûr qu’ils auraient pu attacher tous les fils (commandites, entente avec la ville, etc.) aussi bien qu’ils ont pu le faire en vue de 2012.
La situation s’est toutefois éclaircie ces derniers jours à Brossard, alors qu’on a obtenu l’assurance, juridique et autre, que la contestation concernant la légitimité du nouveau président (qui a été depuis remplacé) n’influençait en rien le destin de l’équipe de la PLSQ.
Entre-temps, pour bonifier l’offre faite aux cinq clubs fondateurs, la PLSQ a obtenu la collaboration de l’Impact via la participation de l’Académie, ainsi que celles des futures équipes du circuit. C’est ainsi que chaque dimanche, l’équipe qui n’aura pas d’adversaire intra-ligue prévu au calendrier affrontera soit l’équipe U-18 de l’Académie de l’Impact (la formation U-21 du club de Joey Saputo continuera d’évoluer en CSL ontarienne), soit une «équipe-invitée» qui sera en fait une candidate pour devenir une équipe d’expansion en 2013. Aylmer sera donc avec certitude appelée à jouer ce rôle, tout comme d’autres clubs qui soumettront prochainement leur candidature. À ce titre, un certain intérêt pourrait provenir semble-t-il de Beauport, de Victoriaville et/ou de Trois-Rivières.
J’ai suivi attentivement l’évolution de ce dossier au cours des deux dernières semaines, avec l’aide d’une grande variété de sources, et je peux vous dire que malgré l’incertitude qui a plané au-dessus de la PLSQ ces derniers jours, ça n’enlève rien à la détermination et au sérieux des clubs en présence, et par le fait même à leurs chances de succès. Pour avoir discuté avec certains dirigeants, il semble y avoir plusieurs éléments favorables en place. Je vous épargne les détails pour l’instant mais nous y reviendrons bientôt. Pour l’instant, il suffit de savourer le simple fait que, oui, la PLSQ ira bien de l’avant avec la toute première saison de son histoire en 2012.
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Le bon vieux Eduardo impressionne sans surprendre
Même à son âge, Eduardo Sebrango conserve cette faculté de nous impressionner. Sauf qu’à ce stade-ci, cette capacité-là n’a rien de surprenante.
C’est ainsi qu’en remportant son pari d’être retenu au sein de la formation de l’Impact en vue de l’entrée du club en MLS, Sebrango a fortement impressionné. Mais cet exploit n’a rien de surprenant quand on connaît la détermination du Canadien d’origine cubaine.
Sebrango m’a fortement impressionné, par ailleurs, quand j’ai lu le récent reportage de Pascal Milano sur le vétéran attaquant. En racontant comment le bon vieux Eddy a réagi quand Jesse Marsch lui a annoncé pendant un souper d’équipe qu’il avait décidé de l’embaucher, Milano explique que Sebrango avait le goût de crier sa joie, mais s’est retenu de le faire. Par respect pour les autres joueurs à l’essai présents au souper, qui n’avaient pas nécessairement eu droit à une bonne nouvelle, eux.
J’ai effectivement été fortement impressionné par cette anecdote, qui exprime l’essence même d’Eddy. Mais pas surpris du tout. Car j’ai reconnu là le Sebrango de 2002, quand il s’est amené à Montréal avec l’Impact en même temps que Bob Lilley. Grâce à sa bonhomie et à son éternel sourire, il s’est vite fait des amis parmi tous les gens dans l’entourage du club et ce, malgré son anglais limité.
Et dix ans plus tard, le grand attaquant qui a grandi sous le chaud soleil de Cuba fait partie des meubles au sein d’une équipe dont les joueurs doivent mettre bottes, tuques et mitaines pour aller s’entraîner en début de saison. Impressionnant. Mais pas surprenant.
Quelque chose me dit que Sebrango n’a pas fini de nous impressionner. Et ça pourrait arriver dès les premiers matchs locaux. Car le Cubain a déjà prouvé, au moyen de son doublé contre Santos Laguna en match aller de la Ligue des champions de la CONCACAF, que le Stade olympique est «sa» maison. Il est fort probable que ce ne seront pas là ses derniers buts sous le toit orange parsemé de diachylons format géant.
Et pour ceux qui le connaissent, ça n’aura rien de surprenant. Mais ça restera impressionnant.
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Nevio débarque de la barque
Nevio Pizzolitto a été retranché. Voilà la preuve que c’est bel et bien Jesse Marsch qui mène sa barque.
C’est une vérité de La Palice, au sein du club de Joey Saputo il y a des chouchous de la famille. Ici, le but n’est pas d’en faire un reproche à l’endroit du président twitteur, mais une simple constatation. Et force est de constater que Pizzolitto fait partie des élus puisqu’on lui a déjà offert un poste au sein de la direction de l’équipe, dont la nature fera l’objet d’une réflexion personnelle au cours des prochains jours.
Pizzolitto fait partie du clan Saputo, donc – et c’est ô combien mérité étant donné les longs et précieux services qu’il a rendus au club – mais ça ne l’a pas empêché d’être victime du couperet à trois semaines du début de la saison. Tout simplement parce que Marsch a les coudées franches pour mettre sur pied une équipe à son goût.
Ce qui est réconfortant dans tout ça, c’est qu’au-delà de l’allégeance à ses plus fidèles serviteurs, Saputo a un objectif plus important que tout : le succès sur le terrain. Et Marsch aura tout le loisir de faire comme il entend pour arriver à cela. Même si, parfois, cela déplaît à son directeur sportif, qui a eu par le passé la réputation de s’ingérer à l’occasion dans les affaires de ses entraîneurs – une réputation confirmée à l’aide de plusieurs conversations privées au fil des dernières années.
D’ailleurs, Marsch avait fait savoir, au cours d’une entrevue accordée au Magazine Québec Soccer et publiée dans l’édition de novembre dernier, qu’il aurait le dernier mot chez l’Impact, sans chercher à s’imposer à tout bout de champ.
Marsch a alors raconté que lorsqu’il a accepté le poste à Montréal, «je ne voulais pas le faire dans un contexte où je suis le seul gars qui a les réponses».
«Ici, c’est une gestion de collaboration. On a ici un groupe de gars qui travaillent ensemble. J’aide à déterminer, au plan soccer, où on se dirige. Cela signifie-t-il que j’ai le dernier mot sur chaque décision? J’imagine qu’au sens le plus strict, oui, d’une certaine façon. Mais ce n’est pas de cette façon que je pense. Je pense davantage en fonction de: regardons cela tous ensemble, et ensuite voyons là où tout le monde se rejoint…
«Il y aura des moments où je dirai, je crois que oui ou je crois que non, avait-il ajouté. Mais au bout du compte, je crois que plusieurs têtes valent mieux qu’une.»
Marsch avait donc tenté de ménager la chèvre et le chou en parlant de cette façon. Mais ne vous faites pas d’illusion, c’est Marsch qui mène la barque. Pizzolitto n’a pas été mis dans la ouate pendant le camp.
Ce qui signifie donc, par ricochet, qu’Eddy Sebrango l’aura saprément mérité s’il demeure dans la formation d’ici au 10 mars.
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La semaine de l’appartenance
Finalement, la semaine qui se termine s’est déroulée sous le thème du sentiment d’appartenance.
Car en fin de compte, si on fait abstraction du fait que nous avons vécu cette affaire du mauvais bout de la lorgnette ici à Montréal, l’histoire de Brian Ching est une belle histoire : celle d’un gars qui éprouvait un tel sentiment d’appartenance à l’endroit de son équipe (le Dynamo) et de sa ville (Houston) que son coeur s’est fermé jusqu’à ce qu’il y retourne.
La dernière semaine nous a aussi donné l’occasion de se rappeler quelques figures mythiques du Manic à notre bon souvenir (voir mon article de La Presse Canadienne publié jeudi sur votre site web préféré et le texte en-dessous de celui-ci). Le Manic, au début des années 1980, a lui aussi été un merveilleux conte de fées dont le sentiment d’appartenance était la toile de fond.
Joueurs d’une Ligue nord-américaine de soccer fondée sur l’embauche massive de mercenaires dans l’âme, les Gordon Hill, Tony Towers, Bob Vosmaer, Eddie Firmani et cie ont été tellement enchantés par leur aventure à Montréal qu’ils sont toujours restés prêts à y revenir dès qu’on les invitait à le faire. Firmani l’a fait trois fois en revenant diriger le FC Supra puis l’Impact, Vosmaer l’a fait en revenant jouer dans la LNSQ semi-pro, puis diriger le FC Supra aussi… Et si Joey Saputo lui offrait aujourd’hui un poste au sein de son club, Hill, qui a dirigé les Clippers de la Nouvelle-Écosse dans la LCS, prendrait l’avion demain matin.
Bref, ces gens qui ont évolué à un très haut niveau outre-mer, dont le terrain de jeu est le monde entier, ont gardé une place spéciale dans leur cœur pour Montréal, et surtout pour les amateurs de soccer d’ici. Et ce, encore 30 ans après.
C’est un tel sentiment d’appartenance que compte d’ailleurs instaurer Jesse Marsch chez l’Impact. Et pas seulement chez un joueur comme Patrice Bernier, chez qui c’est déjà fortement présent, mais aussi chez tous les Américains qui s’amènent ici, dont certains n’avaient jamais acheté un manteau d’hiver de leur vie. Une approche fort judicieuse, car elle à la base de tout. Quand on a le sentiment d’appartenir à son club, à sa ville et à sa communauté, on a le goût de se salir les mains pour autre chose que son propre avancement personnel ou financier. Le désir de vaincre, de jouer avec ardeur et de respecter à la lettre le plan de match du coach, il vient alors tout seul.
Cette approche est sans doute ce qui permet d’expliquer, d’ailleurs, pourquoi l’Impact a fait une aussi rapide volte-face dans le dossier de Brian Ching. Et pourquoi le club montréalais a mis le grappin sur Eddie Johnson, mais dans le but exprès d’acquérir les services de Mike Fucito et Lamar Neagle. Et pourquoi l’IMFC fait fi des exigences de Bobby Burling et continue de le faire poireauter.
Pas de sentiment d’appartenance? OK, mais merci et bonsoir, on passe au suivant.
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Eddie Firmani et Gordon Hill lèvent le voile
Ce qu’on en apprend, des choses, 20 ans après les faits!
Eddie Firmani qui regrette amèrement d’avoir quitté l’Impact à l’aube de la saison 1994, et Gordon Hill qui s’est vu offrir la position d’entraîneur-chef du FC Supra de Montréal pendant la saison 1991 de la Ligue canadienne de soccer… Voilà ce qu’il m’a été permis d’apprendre quand j’ai interrogé les deux hommes, récemment, dans le cadre d’un reportage pour La Presse Canadienne sur les espoirs de Joey Saputo de briser le record d’assistance de 58 542 spectateurs établi par le Manic en septembre 1981.
OK… Ça se peut qu’à l’époque, Hill ait fait l’objet de rumeurs à titre de successeur potentiel à Firmani. Alors oui, je le concède, ce n’est pas nécessairement la plus grande révélation dans l’histoire du journalisme sportif québécois. Mais c’est quand même bien de savoir, 20 ans plus tard, que les rumeurs sont parfois… vraies!
Quant à l’aveu de Firmani concernant l’Impact, c’est là une vraie primeur, semble-t-il. Même Joey Saputo n’est pas au courant, selon ce qu’a reconnu The One and Only à l’auteur de ces lignes.
«J’adore Joey, j’adore la famille Saputo, ils ont toujours été très bons à mon endroit», a commencé par dire l’ancien entraîneur du Manic de Montréal quand on lui a parlé de Joey Saputo, partisan du Manic à l’époque, qui est ensuite devenu président de l’Impact en 1993. C’est cette année-là que Firmani a dirigé les destinées de l’équipe montréalaise dans l’APSL.
«J’ai fait une petite erreur quand j’étais (avec l’Impact)», a commencé par dire Firmani, avant de corriger le tir. «Je devais lancer un centre de soccer intérieur et ça ne s’est pas concrétisé. Je me suis fâché un peu et j’ai remis ma démission.»
Firmani fait ici allusion à son départ quelques semaines seulement avant le début de la saison 1994, ce qui a forcé Saputo à se tourner en catastrophe vers une jeune recrue du nom de Valerio Gazzola, alors entraîneur adjoint avec le club. Quant à l’aventure du centre de soccer intérieur, il s’agissait d’un projet de centre avec structure gonflable, qui devait voir le jour à une époque où les centres construits expressément pour le soccer et praticables l’hiver étaient très rares au Québec, voire inexistants.
«Dans mon contrat, il était prévu que l’Impact allait m’aider à lancer le centre intérieur, mais le projet est tombé à l’eau. Mon partenaire dans ce projet s’est alors énervé, c’est devenu un peu tendu entre lui, Joey et un peu tout le monde, alors il s’est retiré et moi aussi.
«C’était là la raison (de mon départ). Mais c’était une erreur, une énorme erreur. Mon partenaire a créé une situation de toutes pièces, je l’ai suivi et c’était là une erreur.
«Je ne sais pas si Joey le sait… Mais j’admire la famille, en fait je l’adore. J’ai commis une erreur. Qui sait, si ce n’était pas de cela, peut-être que je serais encore avec le club dans un quelconque rôle», a dit l’homme de 78 ans qui est maintenant un ambassadeur pour une compagnie de location de voitures à Naples, en Floride.
Du côté de l’Impact, de toute évidence, il n’y a pas eu de regrets. Le club montréalais a remporté le championnat de l’APSL en 1994 sous l’égide de Gazzola, qui est devenu l’un des entraîneurs les plus marquants dans l’histoire de l’Impact. L’erreur de Firmani aura donc permis de lancer la carrière de Gazzola. Et de placer la pierre d’assise pour les championnats qui ont suivi, tant en saison régulière qu’en séries.
Hill, maintenant.
Officiellement, quand Firmani a quitté le FC Supra durant la saison 1991, c’est Robert Vosmaer, un ancien du Manic lui aussi, qui lui a succédé. Mais il semble que Frank Aliaga, alors propriétaire du club, avait d’abord appelé Hill, qui occupait alors le poste de joueur et entraîneur-chef des Clippers de la Nouvelle-Écosse, une autre équipe de la LCS.
«Frank Aliaga m’a appelé pour me demander si je pouvais prendre la relève, a indiqué Hill en souvelant lui-même le sujet. Mais j’étais en poste en Nouvelle-Écosse et j’avais le sentiment que je devais rester là pour terminer le travail. Les Clippers ont d’ailleurs accédé aux séries cette année-là.»
S’il avait été sans attaches, ou même impliqué dans un projet moins accaparant, Hill aurait accepté de revenir à Montréal avec grand plaisir.
«J’étais d’ailleurs revenu à Montréal pour un match quand j’étais avec les Clippers, Eddie dirigeait le Supra. J’ai adoré retourner à Montréal, il y avait eu une bonne foule, je me souviens bien du Complexe Claude-Robillard. Ça faisait chaud au cœur d’être de retour, j’ai toujours gardé de merveilleux souvenirs de Montréal», a affirmé celui qui réside maintenant au Texas, non loin de Dallas.
Aujourd’hui, Hill travaille comme entraîneur à contrat pour les clubs de soccer qui veulent que leurs meilleurs joueurs se perfectionnent. Il est souvent appelé à voyager dans ce rôle.
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Le casse-tête des commotions cérébrales
Comme je vous l’ai expliqué un peu dans l’édition de février du magazine Québec Soccer, les commotions cérébrales ne sont pas un fléau aussi omniprésent au soccer qu’au hockey sur glace, mais c’est un dossier qui mérite qu’on s’y attarde. Parce que plus on discute avec différents intervenants sur le sujet, plus on réalise qu’il y a peut-être anguille sous roche. Pas une grosse anguille, mais une anguille tout de même. Qu’il sera plus facile de domestiquer quand les différentes parties – chercheurs en neuropsychologie, praticiens en la matière, spécialistes du soccer et spécialistes de la sécurité dans les sports – prêteront l’oreille à l’un et l’autre, afin d’en arriver à un langage commun afin de mieux communiquer.
Ce qui n’est pas facile, il est vrai. Car effectivement, la problématique des commotions cérébrales au soccer est un véritable casse-tête. Oui, tout le monde comprend que deux têtes qui s’entrechoquent en sautant pour tenter de frapper le ballon avec le front, ou le coup de genou d’un gardien sur la tempe d’un attaquant adverse, ça peut causer une commotion cérébrale et ça doit être soigné. Mais lorsqu’on parle de la possibilité que des microtraumatismes au cerveau soient causés par des reprises de tête, comme des études l’ont avancé de temps à autre au fil des ans, on tombe parfois dans les discussions dignes des lignes ouvertes, semble-t-il.
D’un côté on nous dit qu’il n’y pas de données scientifiques crédibles, alors que c’est pourtant le cas. Du moins, assez de données pour amener à conclure… que des données plus étoffées et plus claires seraient souhaitables et nécessaires pour qu’on puisse analyser plus sereinement la problématique des commotions cérébrales.
Et ça tombe bien, le Conseil médical de la FSQ, une première au Québec pour une fédération unisport, vient d’être formé. Le sujet des commotions cérébrales a été placé bien haut à l’ordre du jour à l’occasion de la réunion qu’a tenue le conseil en janvier. Les commotions cérébrales, ainsi qu’un large éventail de blessures diverses reliées au soccer, seront étudiées au cours de la saison 2012 chez les joueurs de niveau AAA à travers la province. On sera en mode ‘collecte de données’ au cours des prochains mois, dans le but d’étudier, à l’automne, s’il y a des correctifs dans nos comportements qui s’imposent ou non.
C’est donc en plein le temps pour les parents, entraîneurs de niveau juvénile et dirigeants du soccer québécois de se familiariser, de se sensibiliser à ce dossier encore très flou et méconnu.
Pour le bien de votre enfant, de vos joueurs, de vos joueuses, lisez donc les résumés de mes entretiens avec dizaine de différents intervenants, dont vous trouverez les liens ci-bas. Il y a beaucoup de matériel dans ce dossier, mais nous vous demandons bien gentiment de prendre le temps de le lire, surtout si vous êtes activement impliqués dans le soccer québécois.
Voilà maintenant 35 ans que Québec Soccer, via son magazine et maintenant quebecsoccer.com, cherche à faire avancer la cause du soccer québécois en accordant de l’espace à divers débats touchant notre sport préféré à tous. En espérant que ce dossier sur les commotions cérébrales vous permettra de voir cette problématique d’un nouvel œil. Nous vous invitons d’ailleurs à en parler à vos proches et d’aiguiller ceux-ci vers quebecsoccer.com afin qu’ils en prennent connaissance à leur tour. Parlez-en sur Twitter, Facebook… et même de vive voix!
À lire donc :
1) Denis D. nous explique la mésaventure qu’a vécue sa fille de 12 ans en tentant une simple reprise de tête, et les raisons motivant sa croisade personnelle pour enrayer le fléau des commotions cérébrales. Rassuré sur la santé à court terme de sa fille, ce père de famille reste toutefois inquiet pour l’avenir de son adolescente et de ses coéquipières.
2) André Gagnon, lui, est moins inquiet même si son fils s’est également sérieusement blessé à la tête. Peut-être est-ce à cause de son passé d’ancien joueur professionnel. Sandro Grande, un ancien joueur de l’Impact, ne s’en fait pas non plus avec les commotions cérébrales. Ces deux ex-joueurs devenus entraîneurs témoignent.
3) Deux chercheurs et une praticienne – Dr J. Scott Delaney, Dr Dave Ellemberg et l’ostéopathe Laura Leslie expliquent les dangers reliés aux commotions cérébrales. Le plus grand facteur d’entre tous : l’attitude «bof, c’est pas grave, ça va passer».
4) Le Dr Stéphane Ledoux, neurologue à la Cité de la Santé à Laval et bénévole au soccer, nous parle du point de vue du tout nouveau Conseil médical de la FSQ, à savoir que celui-ci est ouvert à recommander de nouvelles manières de faire en matière de commotions cérébrales, mais à la condition d’obtenir des données crédibles sur le sujet.
5) Michel Fafard, directeur de la promotion de la sécurité au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, explique dans quel cadre l’ancienne Régie de la sécurité dans les sports du Québec travaille de concert avec la FSQ pour surveiller les blessures dans le soccer. Le gouvernement provincial garde l’œil ouvert par rapport à cette problématique.
6) Le directeur technique Éric Leroy et le président Martial Prud’Homme donnent le point de vue de la Fédération de soccer du Québec. Il n’y a pas de panique en la demeure mais le bien-être des jeunes demeure la priorité avant le sport, affirment-ils.
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